Le dernier Dortmunder

Putain et de deux ! Après le dernier Elmore Leonard, voici le dernier Dortmunder. On avait beau savoir que c’était la fin, c’est dur à admettre. C’est pourquoi cela faisait quelques jours que Top réalité de l’immense Donald Westlake trainait sur ma table de chevet sans que j’ose l’ouvrir.

WestlakeJohn Dortmunder vous connaissez forcément. Où alors c’est que vous êtes tombé ici en recherchant « baise dans une limousine à Nouille York » … Stan, le chauffeur de taxi, et de la bande, a une maman, chauffeur aussi. Un jour à l’aéroport, la maman embarque un réalisateur d’émissions de téléréalité en mal d’inspiration. Et vous savez comment sont les mamans, il faut toujours qu’elles vantent les mérites de leurs enfants. C’est comme ça que le réalisateur a une idée géniale : filmer un gang en vrai, pendant la préparation et la réalisation d’un casse. Et bien entendu, c’est la bande à John Dortmunder qui va officier. Vous imaginez bien que si John, Kelp, Tiny, Stan et Judson (le petit dernier) acceptent, c’est qu’ils ont une idée derrière la tête …

Il n’y a déjà pas grand monde qui pourrait avoir une idée aussi tordue et géniale. A ma connaissance, personne n’aurait pu la mener au bout. Encore moins avec cette élégance et ce brio.

Pour son dernier Dortmunder, Donald Westlake se paye les émissions de téléréalité, dont on apprend qu’elles ne doivent leur engouement auprès des « réalisateurs » que parce qu’elle permettent de ne pas payer des acteurs et scénaristes syndiqués. Vous connaissez tous le goût de John Dortmunder pour les gadgets du monde moderne, vous pouvez imaginer son regard sur la téléréalité.

De cette distance (entre autres) nait le comique. Comique renforcé par l’écart entre les incidents ridicules imaginés par l’équipe de l’émission pour rendre la téléréalité plus réelle que la réalité (vous suivez ?) et le professionnalisme de l’équipe de John. Renforcé aussi par des effets géniaux de comique de répétition, ou par la découverte qu’il suffit de planter, n’importe où, un comptoir de bar pour voir apparaître des clones des fameux habitués du OJ Bar&Grill.

Bref c’est génial, pour la dernière fois. Vous pouvez, si vous n’êtes pas convaincus, aller lire l’excellent billet de Yan. Et je conclurai en répétant ce que j’y écris dans les commentaires : JE VEUX PAS QUE CA S’ARRETE !

Donald Westlake / Top réalité (Get real, 2009), Rivages/Thriller (2014), traduit de l’américain par Pierre Bondil.

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