Natural enemies de Julius Horwitz

Ce n’est pas franchement un conte de Noël. Donc vous pouvez considérer que je suis complètement hors saison, voire hors sujet tant il semble difficile d’offrir ce bouquin, à Noël ou à tout autre moment. Par contre on peut le conseiller, en toute connaissance de cause. Ce que je fais. Il s’agit de Natural enemies de l’américain Julius Horwitz.

HorwitzPaul Steward est éditeur à New York. Tout devrait aller bien dans une vie qui ressemble à l’american dream. Succès professionnel, une famille avec trois beaux enfants, une belle maison ancienne en banlieue, des amis intelligents à New York. Et pourtant, ce matin en se levant Paul a chargé son fusil et est parti au boulot en sachant que le soir il allait abattre sa femme et ses enfants avant de se donner la mort. Natural enemies est le récit à la première personne de ce dernier jour.

C’est le seuil, puis baleine qui sont allés repêcher cette pépite, reprise cette année chez folio. Dire que ce roman est éprouvant est un doux euphémisme. Il est désespérant. Plongée en apnée dans l’esprit en apparence sain d’un homme ordinaire qui a décidé un geste inexplicable. Inexplicable, et pourtant si on en croit l’auteur relativement répandu, au moins dans ces années 70.

Plongée en apnée dans le désespoir, dans l’incompréhension, dans l’impossibilité à communiquer, même avec les personnes sensées être les plus proches. Plongée dans un monde qui n’a plus de valeurs, d’illusions, de rêves, d’envies, d’amour. Plongée dans un monde où tout le monde a peur de tout le monde, dans un monde où on ne croit plus en rien.

Plongée en apnée, et je vous garantis, l’eau est froide, glaciale même. D’autant plus glaciale que l’écriture est froide, détachée, tout aussi morte que le narrateur. Et les quelques étincelles qui surgissent, de part et d’autre, ne suffiront pas à vous réchauffer.

Vous êtes avertis, et si je puis me permettre, pour après, mettez de côté un roman léger, chaleureux, bouillonnant de vie. Un Camilleri, un Westlake ou un Pratchett par exemple.

Julius Horwitz / Natural enemies (You can run, 1975), Folio/Policier (2013), traduit de l’américain par Anne de Vogüé.

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