Warren Ellis, Gun machine

Je ne connaissais pas du tout Warren Ellis, et j’ai commencé à lire du bien de son dernier roman traduit, Gun machine ici et là. Donc j’ai essayé. J’ai bien fait.

EllisJohn Tallow est flic à New York. Un flic de polar : célibataire, cynique, fatigué, pas loin de la dépression. Ce n’est pas la mort de son équipier, descendu devant ses yeux par un cinglé qui risque d’améliorer cet état de fait. Sauf que lors de la fusillade, le mur d’un appartement a été en partie détruit, et que de l’autre côté John découvre la collection de flingues la plus invraisemblable qui soit. Et qu’il s’avère que tous, sans exception, ont servi dans des affaires classées sans suite. John Tallow serait-il tombé, sans le savoir sur le serial killer le plus meurtrier de l’histoire de New York ? Toujours seul, uniquement aidé par deux allumés de la scientifique John Tallow va s’attaquer à des décennies de violence, de meurtre et de corruption.

Ca démarre comme un roman de serial killer de plus. Mais très vite on s’aperçoit qu’on a autre chose dans les mains. Parce qu’il y a une écriture. Parce qu’il y a des personnages extraordinaires (y compris le tueur), parce que l’auteur semble flirter en permanence avec le fantastique et/ou la folie, parce qu’il y a de l’humour.

Et surtout parce que sous les dehors d’une intrigue menée de main de maître qui va s’accélérant d’un bout à l’autre, mine de rien, c’est l’évolution d’une ville et de toute une époque que décrit l’auteur. Une époque où le fric est roi, où le discours libéral (le nouveau mot pour capitaliste) est tout puissant et omniprésent, une époque incapable de voir ses absurdités (comme de monopoliser tant de cerveaux pour accélérer les transactions boursières). Une époque où le privé prend le pas sur le bien public, où tout, absolument tout, est privatisable et privatisé petit à petit, jusqu’à la sécurité. A ce propos la scène qui voit les flics confrontés aux employés d’une société de sécurité privée est inoubliable.

Pour tout dire, on lit ce roman à toute vitesse, comme l’excellent thriller qu’il est, et ensuite on y pense longtemps, longtemps. Un vraie découverte pour moi.

Warren Ellis / Gun machine (Gun Machine, 2013), Le Masque (2014), traduit de l’américain par Claire Breton.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s