Creole Belle

On arrive en juin, c’est le moment du Dave Robicheaux de l’année. Faut-il présenter James Lee Burke ? J’espère bien que non, surtout pour les habitués de ces lieux. Le cru 2014 est dense, superbe, et s’appelle Créole Belle.

BurkeDave Robicheaux et Clete Purcell se remettent difficilement des blessures reçues lors de l’affrontement final de L’arc en ciel de verre. Dave semble perdre le contact avec la réalité : il est le seul à avoir vu la chanteuse Tee Jolie Melton lui rendre visite à l’hôpital, et le seul à entendre ses chansons sur le lecteur mp3 qu’elle lui a porté. Il est aussi le seul à croire aux menaces qu’elle semble craindre. Jusqu’à ce que la sœur de la jeune femme qui avait disparu, réapparaisse assassinée de sinistre manière. De son côté Clete aussi voit ressurgir des fantômes de son passé. Les deux frères d’armes ne se doutent pas qu’ils vont, une fois de plus, devoir affronter les forces … de l’argent.

Que dire que je n’ai déjà dit maintes fois à propos des romans de la série Dave Robicheaux ? C’est toujours bon, c’est toujours très beau, c’est toujours rageur. Cette fois, après l’épisode Katrina, James Lee Burke nous rappelle une autre catastrophe qui a touché la Louisiane et qu’on a un peu oubliée : la terrible pollution due à l’explosion d’une plateforme offshore et les tonnes de pétrole qui se sont déversées ensuite. Le grand James est un bien trop grand écrivain pour écrire un pamphlet écolo sans chair. La condamnation est sans appel, mais elle arrive comme conséquence d’une belle histoire, et de la rage de Robicheaux et de son ami Purcell.

A ce propos, Clete prend de plus en plus de place dans les romans de la série, et c’est tant mieux. Et vous découvrirez ici un nouveau personnage une certaine Gretchen qui secoue sacrément le cocotier.

Un grand Robicheaux, et, même si je me répète – je l’ai déjà dit pour les romans de Mention et Bigham – les phrases comme celles citées ci-dessous ne font pas un bon roman, mais font grand plaisir quand elles viennent agrémenter un grand polar :

« Miss Alice, vous devez savoir que les lois fiscales sont écrites par des riches à l’attention des riches »

« Ce qu’il y a de plus remarquable chez nombre de ceux qui ont une grande fortune, c’est la conviction de base sur laquelle repose leur vie : ils sont persuadés que les autres ont le même appétit inextinguible d’argent qu’eux et feraient n’importe quoi pour ça. Dans leur culture, les bonnes manières, la moralité et l’argent ne sont pas distinguables. »

Dave et Clete vieillissent mais semblent immortels, et c’est très bien comme ça.

James Lee Burke / Jusqu’à ce que la mort les réunisse (Creole Belle, 2012), Rivages/Thriller (2014), traduit de l’américain par Christophe Mercier.

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