James Carlos Blake, La loi des Wolfes

C’est le premier roman de James Carlos Blake que je lis qui se déroule de nos jours. S’il change d’époque, on reste entre Mexique et USA dans La loi des Wolfes.

BlakeDans la famille Wolfe on est trafiquant, de tout ce qui se trafique, de père en fils, et de mère en fille. Installés des deux côtés de la frontière entre le Mexique et les US ils trempent dans tous les trafics possibles et imaginables. Un avenir exaltant pour le jeune Eddie Gato Wolfe, mais un avenir qui se heurte à une règle inflexible du clan : Chez les Wolfe, on croit aux bienfaits de l’éducation, et il est hors de question de se lancer dans les affaires avant d’avoir obtenu un diplôme universitaire. Comme le jeune Eddie est têtu il « fugue » et va se louer comme garde du corps dans un des nombreux, et tristement célèbres cartels mexicains. Malheureusement, Eddie est têtu et imprudent, et pour les beaux yeux de Miranda, il tue un des chefs du cartel. Le voilà en fuite vers le Texas, avec une horde d’assassins aux trousses. Et bien trop orgueilleux pour demander l’aide du clan.

Un James Carlos Blake étonnant, assez atypique par certains côtés, fidèle à lui-même par d’autres.

On retrouve la violence, les relations familiales parfois complexes mais solides, l’Histoire racontée à travers l’histoire du crime. Comme toujours, dans La loi des Wolfe, il y a bien entendu une histoire très solide et fort mouvementée, mais aussi un tableau plus vaste. Un portrait de la frontière, de l’inutilité du mur construit entre USA et Mexique qui ne sert, finalement, qu’à enrichir les passeurs de toute sorte mais ne freine pas ceux qui n’ont d’autre choix que de traverser pour ne pas mourir de faim ; un Mexique complètement gangréné par l’argent et la puissance des narcos ; et les quantités d’argent colossales qui se gagnent aux limites de la légalité des deux côtés de la frontière avec ces trafics. Toujours aussi un côté western et grands espaces, même si l’action se passe de nos jours.

Mais atypique aussi, plus rapide, moins dense que certaines autres œuvres, mois lyrique. Un roman qui m’a fait penser à du Peckinpah. Montage alterné très efficace, scènes courtes, personnages croqués en quelques lignes, et après, attention les yeux, ça déménage … Un vrai plaisir, à déconseiller peut-être à ceux qui n’aiment pas trop les polars débordants de testostérone. Bien que l’un des personnages les plus étonnants soit une petite mamie, una abuelita, qui ne sort pas de sa maison … Pour les amateurs de Peckinpah, je confirme.

James Carlos Blake / La loi des Wolfe (The rules of Wolfes, 2013), Rivages/Thriller (2014), traduit de l’américain par Emmanuel Pailler.

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