Le premier Hap et Leonard

C’est décidément la période des retours en arrière. Après le presque premier polar d’Elmore Leonard heureusement exhumé par Rivages et le court roman de De Cataldo, voici t’y pas que Denoël a l’excellente idée de traduire et publier, sous le doux titre de Les mécanos de Vénus, la première aventure de Hap et Leonard, les héros complètement givrés de Joe R. Lansdale.

LansdaleHap, blanc, plutôt démocrate et très hétéro et son meilleur (et seul ?) ami, Leonard, noir, républicain et très homo survivent en faisant des petits boulot dans l’est du Texas. Quand débarque Trudy, flamboyante, retour de flamme du passé hippie de Hap. Hap toujours un peu amoureux malgré les maintes fois où elle l’a laissé choir. Mais là elle vient pour affaire. Trudy n’a rien perdu de ses convictions des années 60 et, avec une bande de bras cassés, elle compte récupérer un magot mal acquis pour recommencer la lutte. Mais pour ça elle a besoin de Hap. Les deux compères acceptent et, bien entendu, rien ne va se passer comme prévu.

Intéressant de voir ce premier roman de la série. Venant, en France, après un Vanilla Ride ou un Diable Rouge, il montre comment Lansdale a évolué dans l’écriture de sa série.

Si l’humour et la castagne sont déjà présents dans ce premier volume, ils ne sont qu’un des éléments, alors qu’ils deviennent quasiment l’essentiel dans les derniers épisodes. Dans ses débuts l’auteur se montre un peu plus sage, et développe davantage les passés des personnages, revenant entre autres sur ces fameuses années soixante dont on peut deviner qu’elles l’ont marqué comme elles ont marqué Hap.

Attention, quand je dis « un peu plus sage », c’est par rapport à la suite, c’est déjà assez déjanté, et s’ils n’atteignent pas les sommets de grossièreté jouissives des volumes à venir, les dialogues entre les deux compères restent quand même assez éloignés du politiquement correct et de la discussion autour d’une tasse de thé …

A posteriori, et après avoir lu tous les épisodes traduits, je crois que le tournant a été pris avec Le mambo des deux ours, très violent, très sombre et en même temps d’une énergie et d’un humour fracassants.

A lire pour tous les amateurs d’une des séries les plus allumées et drôles du polar qui pourtant en compte quelques unes.

Joe R. Lansdale / Les mécanos de Vénus (Savage season, 1990), Denoël/Sueurs froides (2014), traduit de l’américain par Bernard Blanc.

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