L’été du commissaire Ricciardi

Revoici le commissaire Ricciardi créé par Maurizio de Giovanni, cette fois c’est L’été du commissaire Ricciardi.

GiovanniNaples, écrasée de chaleur en ce mois d’août 1931. Cette nuit, alors que la fête bat son plein sur la place, la Duchesse de Camparino est assassinée dans sa somptueuse demeure. Malheureusement pour le commissaire Ricciardi en charge de l’affaire, les suspects ne manquent pas, mais il sont tous très « sensibles ». La duchesse était belle, très belle, son mari vieux, très vieux. Son beau-fils la haïssait, mais il appartient à la grande société et a des contacts privilégiés avec les maîtres de Rome. Délicat à interroger donc. Son amant officiel, qu’elle trompait allègrement, est un journaliste en vue. Et la Duchesse faisait scandale. Une enquête pas si facile qu’il y parait, et dans laquelle Ricciardi et son adjoint devront marcher sur des œufs. Sans compter que la vie personnelle du commissaire se complique …

Dès le premier roman, la série Ricciardi a été intéressante. Il est d’autant plus remarquable de voir que, d’ouvrage en ouvrage, elle devient chaque fois plus passionnante. Le « printemps » montait d’un cran, cet été du commissaire Ricciardi hausse encore le niveau.

On retrouve la virtuosité dans la construction et la finesse de l’intrigue, auxquelles se rajoute ici un jeu de correspondances dans les actes des uns et des autres. On sent et on ressent le plaisir qu’à dû éprouver l’auteur à ces réponses, à ces similarités d’actions et de sentiments des différents protagonistes de l’histoire. C’est très bien amené, et c’est réjouissant.

Ce jeu, cependant n’a rien d’artificiel et ne diminue jamais l’empathie et l’émotion que dégage le roman. En faisant le choix d’un personnage central qui ressent, dans son âme, la dernière douleur des défunts, De Giovanni a fait un pari qui aurait pu se révéler catastrophique s’il avait cédé à la facilité du pathos, ou s’il s’en servait pour résoudre ses enquêtes. Maîtrisé de main de maître, cela devient extrêmement émouvant. On souffre avec Ricciardi, on souffre avec les victimes, de la jalousie, de la faim, du fascisme.

En toile de fond, le fascisme est de plus en plus présent, dans ses manifestations les plus brutales comme les plus sournoises. Et là encore, c’est fait sans insister lourdement.

Pour finir, un double suspense est en train de naître : Outre la résolution de l’intrigue, que va devenir la vie personnelle et sentimentale de Ricciardi ? Une question qui court tout au long des deux derniers épisodes, et qui reste ouverte. Ouverte et liée à une des thématiques centrales du roman : La jalousie, souvent présente dans les polars, ici superbement mise en scène.

Restent une exclamation : « Vivement l’automne ! » Et une interrogation angoissée : « Est-ce que ça va vraiment s’arrêter après le quatrième ? Faudra-t-il supplier Maurizio de Giovanni de continuer, ou est-ce déjà prévu ? »

En attendant, régalez-vous avec les plats de Lucia, les odeurs des fleurs d’Etorre, transpirez sous le soleil de plomb de Naples, lisez Maurizio de Giovanni.

Maurizio de Giovanni / L’été du commissaire Ricciardi (Il posto di ognuno, L’estate del comimissario Riciardi, 2009), Rivages/Noir (2014), traduit de l’italien par Odile Rousseau.

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