Un dragon qui défie les siècles

L’été c’est SF et fantasy … Généralement en suivant les conseils de l’incontournable Cathie Martin de Bédéciné. Voici donc Le dragon Griaule de Lucius Shepard.

ShepardImmense, hors norme, mystique … Le dragon Griaule s’étend sur plusieurs kilomètres. Dans les temps anciens, un mage l’a vaincu sans arriver à le tuer entièrement. Depuis il végète, influençant ceux qui vivent dans son voisinage, flétrissant tout autour, corrompant tout. Des hommes essaieront encore de le tuer ou de l’exploiter, sans savoir que c’est lui qui les manipule. Six novelas retracent ici son influence entre le milieu du XIX° siècle et la fin du XX°.

Pour ceux qui douteraient encore qu’il existe une fantazy pour adultes …

On se fait prendre à ce recueil de textes comme les hommes se font prendre dans l’influence du dragon : plus on avance, plus on est englué, moins on peut lâcher le bouquin. Sa poétique, sa finesse, sa puissance se révèlent peu à peu, au fil des pages.

J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans le texte, mais je me suis ensuite complètement fait prendre. Manipulation, tromperie, vol, mensonge … le fait des hommes ou l’influence du dragon ? Si parfois le bestiau est directement impliqué, il est aussi à d’autres moments une excellente excuse. Et c’est cette ambiguïté qui fait un des intérêts de ce recueil.

Auquel il faut ajouter beaucoup de choses : Un style qui sait se faire lyrique ou inquiétant, poétique ou très terre à terre. Une maîtrise de tous styles de récits : récit historique, conte, procédural (avec même une belle novela dans le style des polars de tribunaux typiques des maîtres américains), policier avec ce qu’il faut de fausses pistes ou plus directement politique. Et tous parfaitement maîtrisés et menés.

Le dragon, symbole de la malignité des hommes est le liant, le fil directeur de ce recueil qui s’étale sur un siècle et demi et montre que, si les circonstances et les environnements changent, les comportements humains n’évoluent guère. Et pour ceux qui auraient des questions sur la portée politique et sociale du texte, une petite postface fort intéressante de l’auteur met les pendules à l’heure.

Une très belle découverte … Pour moi.

Lucius Shepard / Le dragon Griaule (The dragon Griaule, 1984-2011), J’ai Lu / Fantasy (2013), traduit de l’américain par Jean-Daniel Brèque.

4 réflexions au sujet de « Un dragon qui défie les siècles »

  1. Diony

    La couverture est magnifique. Et le résumé que tu en fais donne envie 🙂 A tout hasard, connais-tu « Des milliards de tapis de cheveux »? C’est plus de la SF que de la fantasy, mais arrivé à un certain stade, la distinction est-elle vraiment importante? Ce roman et la façon dont tu en parles m’y font penser.

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s