Filles de Frederick Busch

Après la lecture de Nord, je m’étais bien promis de lire Filles de Frederick Busch. C’est fait. Quel bouquin !

Busch-fillesJack a été flic dans la police militaire. Il est maintenant agent de sécurité dans une université, dans le nord. Une université essentiellement fréquentée par des fils et filles de bonne famille, pourris d’argent et pas spécialement intéressés par leurs études. Jack est marié avec Fanny mais depuis la mort de leur bébé Hannah, le couple se déchire. Alors que l’hiver renforce son emprise sur la région, Jack accepte de venir en aide à une famille, les Tanner, dont la fille de 14 ans a disparu depuis quelques jours.

Il vaut bien entendu mieux lire Filles avant Nord. Mais même en s’y prenant à l’envers comme moi c’est un claque.

Superbe roman sur l’amour, la souffrance, l’impossibilité à surmonter la mort d’un enfant, la culpabilité. Un roman glaçant où la bagarre permanente des personnages contre le climat, le froid et la neige qui tendent à les immobiliser, les geler, les engloutir fait écho à celle qu’ils mènent pour trouver un sens à leur vie, à survivre à la souffrance. Superbe roman où la souffrance rend méchant et donne envie de faire souffrir les autres, même ceux qu’on aime, même en les protégeant.

Superbe roman sur l’affrontement feutré des classes sociales, sur la condescendance des profs face aux non enseignants, sur l’arrogance de petits cons qui se croient (souvent à juste titre) protégés par le fric de leurs parents.

Superbe roman sur la rage, l’impuissance.

Superbe roman sur le courage, sur l’humanité, sur l’empathie.

Un roman parfois hypnotique, qui engourdit comme on s’endort réveillé en regardant la neige, comme on se sent anesthésié, vidé de force et de volonté face à sa force silencieuse, tranquille et pourtant dévastatrice.

Un roman avec des pages inoubliables, des émotions et des images qui resteront à jamais.

Et oui, l’intrigue n’est pas centrale, sauf peut-être la découverte distillée de ce qu’il s’est passé le jour où Jack et Fanny ont perdu leur bébé, mais on s’en fiche.

Bref, lisez Filles de Frederick Busch.

Frederick Busch / Filles (Girls, 1997), Folio/Policier (2013), traduit de l’américain par Nadia Akrouf.

10 réflexions au sujet de « Filles de Frederick Busch »

  1. lamf

    oui roman énorme, qui hante longtemps, je pensais pas prendre une telle claque en l’ouvrant
    du coup je me garde pour plus tard le suivant.
    vraiment prenant, direct à l’estomac pr en faire une boule…..

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      D’accord avec toi.
      J’ai vu dans les commentaires sur le premiers que certains avaient été déçus par le suivant. Comme je les aia lu dans l’ordre inverse, je ne saurais dire, mais j’ai beaucoup aimé les deux.

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  2. Foxy

    Eh bien c’est parti!! filles en premier et Nord ensuite…pour vous remercier d’avoir pris le temps de lire Nicolas Mathieu et bien sur pour me faire un grand plaisir…je sens que je vais me régaler :o))

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Pour le Nicolas Mathieu, tout le plaisir a été pour moi. Il aurait été dommage que je le rate.
      Là je suis en train de terminer un espèce de machin monumental et inclassable : le tout récent David Peace. Encore un choc !

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      1. lamf

        ah tien j’attends, ca me disait pas trop, ayant en horreur le foot, je vais aller lire Le dernier John King, White rash, qui est très mal noté pourtant sur le net..

      2. actudunoir Auteur de l’article

        Je viens de le finir, note en ligne demain. Tu peux pas rater ça, c’est absolument hallucinant. J’ai jamais lu un truc pareil, jamais. Et je me contrefous du foot.

  3. lamf

    a ce point là, tu m’intrigues du coup….
    je sais qu’il sera chroniqué sur le site par quelqu’un du site
    mais là, j’attend ton billet,d’u autre coté c’est David Peace à la barre

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  4. Pierre FAVEROLLE

    Salut Jean Marc, Déjà dans 44 jours, il faisait le portrait d’un homme qui se trompe. Il utilisait le foot pour faire un polar formidable. Celui ci, je l’ai acheté mais je ne m’attendais pas à un tel billet de ta part. Bref, je vais le lire bientôt (car j’ai lu tout David Peace) et surtout avec avidité ! Amitiés

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Là ce n’est vraiment plus du polar, et d’ailleurs ce n’est pas paru chez Thriller, mais Rivages tout seul.
      Ce qui n’enlève rien à la qualité de ce roman, bien entendu.
      Bonne lecture.

      Répondre

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