Aro Sáinz de la Maza, nouvel auteur barcelonais.

Voici donc le premier roman d’un nouvel auteur catalan que je vais bientôt rencontrer à Ombres Blanches : Le bourreau de Gaudí de Aro Sáinz de la Maza.

Sainz-Maza-GaudiCinq heures du matin, un corps brûle suspendu à un balcon de la Pedrera, une des œuvres emblématiques de Gaudí à Barcelone. L’homme a auparavant été torturé de longues journées. A la demande de la juge en charge de l’enquête, Milo Malart, suspendu par mesure disciplinaire est réintégré dans l’équipe des enquêteurs. Milo et ses méthodes qui heurtent les autres flics. Quand une personnalité en vue est enlevée, comme la première victime, la pression monte. D’autant plus que le pape est attendu, quelques jours plus tard, pour bénir la Sagrada Familia.

Entre l’assassin sadique et fantomatique qui semble vouloir punir la ville et ses élites et Milo Malart la course est engagée.

Je ne vais pas vous raconter que c’est le polar de l’année. Ni même celui de la rentrée. On peut même lui trouver des défauts : Des personnages avec un air de déjà vu (un serial killer traumatisé dans son enfance, un flic en froid avec ses collègues, et avec un traumatisme qui le fragilise …), des ficelles parfois un peu trop visibles …

Mais ça marche.

Ca marche parce que la balade dans la Barcelone de Gaudí est belle. Parce l’auteur nous apprend beaucoup sur son œuvre sans jamais paraître didactique. Parce que la description de la main mise sur la ville par quelques familles, et celle de la chasse aux pauvres et à ceux qui font tâche depuis les JO est intéressante.

Ca marche parce qu’il est toujours intéressant d’avoir une nouvelle vision de Barcelone, une des villes les mieux peintes par les auteurs de polar, de Montalban à Gimenez Bartlett, en passant par Ledesma, Fallaras ou Mendoza.

Ca marche aussi parce que, malgré les quelques ficelles, l’auteur a une bonne maîtrise du tempo, et qu’en particulier l’accélération finale est très réussie.

Donc on prend plaisir à suivre l’intrigue, on apprend, les relations entre les deux flics au centre de l’histoire sont bien croquées, et finalement, c’est un premier essai plutôt réussi et, peut-être le début d’une série ?

J’aurai l’occasion de la demander à l’auteur le mardi 30 septembre à Ombres Blanches.

Aro Sáinz de la Maza / Le bourreau de Gaudí (El asesino de la Pedrera, 2012), Actes Sud/Actes noirs (2014), traduit de l’espagnol par Serge Mestre.

17 réflexions au sujet de « Aro Sáinz de la Maza, nouvel auteur barcelonais. »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je l’ai vu et remarqué. Je crains que ce ne soit pour plus tard, avec tout ce que j’ai en retard et les prochaines rencontres à préparer. mais je les garde pour un moment de calme.

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  1. Norbert

    Ce n’est pas trop longuet ? Parce que près de 700 pages dans l’écriture serrée d’Actes Sud, ça équivaut bien à une SN de 900 pages, un Rivages/Thriller de 800… Tout ça pour un polar qui n’est même pas « un des polars de la rentrée » ?… J’ai lu cet été le magnifique « La maison des chagrins » de Victor Del Arbol dont j’attends désormais impatiemment le prochain roman : est-ce que ce « Bourreau de Gaudi » est de la même veine, par exemple ?
    Parce que sinon, ce sera sans moi… déjà que pour cette rentrée, c’est la première fois que je trouve plus mon bonheur dans les romans noirs (et assimilés, on va dire) parus dans les collections de litt. étrangère (Le Fils de Philipp Meyer ou Cataract City de Craig Davidson chez Albin Michel), Burnside chez Métailié, Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood (et même « L’île du Point Némo » de Jean-Marie Blas de Roblès) chez Zulma, Price de Steve Tesich, et d’autres que j’ai repérés, notamment sur Unwalkers…

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Ben oui, il y a trop de polars …
      Moi je ne l’ai pas trouvé trop long. Entre La maison des chagrins et le bourreau de Gaudi il y a effectivement un point commun, outre la nationalité et la maison d’édition, c’est le thème de la vengeance et des spirales sans fins qu’elle provoque.
      Après on ne peut pas tout lire.

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  2. Norbert

    Sinon, j’admets que pour ceux qui ont un enfant, le problme ne se pose pas, vu l’ampleur non pas du pavé, mais du « building » littéraire : quelques exemplaires du roman et des Playmobil, et n’importe quel gamin peut jouer à Dallas ! muaahh !

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  3. Françoise

    On a pris l’habitude des pavés… Entre le Stephen King de l’année dernière (« 22/11/1963 », un bijou), le Padura de cette année (à peine 100 pages de lues, mais je me délecte, c’est mon amour, Padura ♥) et le Pynchon qui attend sur la pàl… Et après le superbe « Police » de Nesbo, les pavés, quand ils sont de cette qualité, ce sont de grands moments de bonheur !

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      1. Norbert

        Et est-ce qu’il vaut un Victor Del Arbol (qui est excellent), selon toi ? Ou il n’est pas tout à fait à ce niveau-là non plus ?

      2. actudunoir Auteur de l’article

        La comparaison me semble judicieuse : deux catalans, publiés chez Actes Sud, qui parlent de vengeance.
        Normalement, si tu aimes Del Arbol tu devrais aimer celui-ci.

      3. Norbert

        J’adore Del Arbol, mais ses romans sont d’un sacré niveau, tout de même ! Que ce soit son écriture puissante et, malgré tout, tout en subtilités et émotions, parfois poétique, ou son art de la construction magistrale « en puzzle » d’une intrigue, la sortie de l’un de ses romans est un évènement en soi, je trouve. Ce n’est pas juste « un bon polar bien troussé, qui dépeint bien la ville, malgré quelques grosses ficelles » !

      4. actudunoir Auteur de l’article

        Disons que sainz a souffert de la proximité de lecture avec le Padura qui est exceptionnel.
        Et je trouve que Del Arbol aussi a ses petits défauts, quelques longueurs, quelques surenchères qui font que je ne le mets pas au niveau des meilleurs, tout en reconnaissant qu’il fait partie des très bons.

  4. Françoise

    Je trouve aussi que Del Arbol a de menus défauts, malgré une très belle écriture : notamment une absence totale d’humour et des intrigues extrêmement complexes. Pas moins de 25 personnages principaux dans « La Maison des chagrins », ça fait peut-être un peu trop : si, comme moi, on n’a pas la mémoire des prénoms, faut s’accrocher ! Par contre, le Sainz va bientôt rejoindre la pàl…

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Il y en a d’autres qui n’ont pas d’humour, surtout dans leurs livres. Je trouve moi aussi que parfois il fait trop compliqué et qu’il gagnerait à resserrer.

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  5. Norbert St John Mandel

    Cessez donc de critiquer Victor Del Arbol, bordel (tiens, j’ai l’impression de faire du verlan) ! Bande de mécréants ! Par votre faute, me voilà donc affublé à mon tour du pavé de Sáinz de La Maza… Ce sera en attendant « Toutes les vagues de l’océan », le prochain roman de Victor prévu pour février prochain, en même temps que sortira chez Rivages « Les variations Sebastian », le 3e roman de ma femme Emily, et alors même qu’est prévu pour janvier l’avènement du « Plus jeune Fils de Dieu : un évangile de bière-fiction » selon Saint Salem…
    Enfin, pour terminer sur une note humanitaire pleine d’espoir, je saluerai avant de partir la ministre de la Santé lituanienne, la pulpeuse Rimante Šalaševičiūtė qui, dès son entrée en fonction en juin dernier, a engagé des discussion sur la légalisation de l’euthanasie dans le but de tuer les malades pauvres, et ainsi leur permettre d’éviter la douleur de devoir imposer à leurs familles et entourages leurs souffrances. En effet, comme elle l’a judicieusement rappelé, « la Lituanie n’étant pas un Etat social, les soins palliatifs n’étaient pas accessibles à tous. C’est pourquoi l’euthanasie peut être un bon choix pour des gens qui « ne veulent pas infliger à leurs proches le spectacle de leurs souffrances ». »
    Si certains Bouddhistes ne manqueront d’y voir là la réincarnation tant attendue de Mère Teresa, je pense pour ma part qu’elle vient de réussir avec brio son examen d’entrée dans l’Union européenne…

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  6. Françoise

    Bon, voilà que je remonte encore un vieux sujet : ça fait un moment que je devais le lire et puis… Je m’y suis attaquée et j’avoue que je vais sans doute laisser tomber. C’est moi ou c’est vraiment très très mal écrit (ou mal traduit ?) ? Je trouve la lourdeur des dialogues insupportable, ça sonne faux, j’irais même jusqu’à dire qu’il écrit avec ses pieds le monsieur (si j’osais). Bien sûr, il arrive juste derrière Fred Vargas dans mes lectures et ça n’est pas un avantage : chez elle non plus les dialogues ne sont pas naturels, mais ils sont littéraires, un peu comme chez Rohmer au cinéma et c’est simplement très beau, poétique et sensible.
    Alors ce pauvre Sainz, il est peut-être tombé au mauvais moment mais, autant je ferais peut-être l’effort pour 200 pages, pas pour 700, et surtout pas alors que James Lee Burke attend gentiment sur la pàl (et Stephen King aussi, oui j’avoue j’aime Stephen King, pas tout mais les derniers c’est que du bon). Voilà, tant pis pour Barcelone, en tout cas celui-là…

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Marrant moi les dialogues ne m’ont pas choqués, alors que c’est quelque chose qui peut me sortir immédiatement d’un bouquin. Ceci dit, vu la quantité et la qualité de ce qui sort en ce moment, pas la peine de s’obstiner quand on n’aime pas. Ce n’est pas comme s’il n’y avait rien d’autre à lire.

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