Mike Nicol, Killer Country

Je ne sais pas comment je me suis débrouillé, mais j’ai raté La dette, le premier roman traduit du sud-africain Mike Nicol. Je me rattrape avec Killer Country.

Nicol-Killer-CountryRevoilà Mace et Pylon, les deux anciens trafiquants d’armes (du temps de l’apartheid), reconvertis dans la sécurité. Leur fond de commerce : accompagner pendant leur séjour des étrangers effrayés par la violence de la délinquance sud-africaine. Fatigués de cette activité, et soucieux de préparer leur avenir, ils décident d’investir des fonds pas totalement légaux dans un projet de golf en banlieue du Cap. Malheureusement pour eux, Obed Chocho, proche du pouvoir et encore pour quelques jours en prison pour un certain nombre de malversations est aussi sur le coup. Et Mr Chocho a une idée assez brutale de la compétition en affaire. C’est comme ça que Mace et Pylon vont avoir à faire avec Spitz, un tueur à gage aussi discret qu’efficace. Derrière ces manœuvres se cache Sheemina, une avocate qui a de vieux comptes à régler avec les deux hommes.

J’avoue ne pas avoir été totalement convaincu par Killer Country. Pas complètement déçu non plus. Mitigé.

J’aime beaucoup la sécheresse du style et l’âpreté du propos. Pas de politiquement correct ; ici, pas de gentils, des rapports de force, une situation sud-africaine décrite dans toute sa dureté et sa noirceur.

Mais cette sécheresse va tellement loin que j’ai eu du mal à m’intéresser aux personnages qui à mon goût manquent de chair. Ce qui désamorce pas mal les situations de suspense et de drame. De même, je n’ai pas bien saisi les motivations des uns et des autres, et du coup certaines scènes, ou certains rebondissements m’ont paru superflus, voire incongrus.

Peut-être ai-je souffert de ne pas avoir lu le premier. Peut-être certaines choses sont-elles plus claires alors. Mais j’avoue ne pas avoir été convaincus par certains ressorts de l’intrigue, ou certaines attitudes ou actions des différents personnages.

A côté de ça, j’aime beaucoup dialogues, qui ne sont pourtant pas ce qu’il y a de plus facile à réussir, et particulièrement ceux entre Mace et Pylon.

Au final une impression mitigée, par moment j’accrochais, à d’autres j’étais un peu perplexe, voire dubitatif … La dette ayant plutôt eu un bon écho dans les blogs, je suis curieux d’avoir vos retours sur ce second volume.

Mike Nicol / Killer Country (Killer Country, 20103), Ombres Noires (2014), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet.

10 réflexions au sujet de « Mike Nicol, Killer Country »

  1. Norbert

    Aïe, aïe, aïe ! Quel massacre ! Si j’avais eu le moindre doute que tu t’apprêtais à lire Killer Country sans avoir auparavant lu La Dette (ce que j’avais remarqué puisque tu ne l’avais pas chroniqué), j’aurais pu t’avertir et éviter de gâchis : de même que certains avaient trouvé la fin de La Dette trop abrupte et « inaboutie », moi qui l’ai lu et adoré, je comprends que tu n’aies pas pu accrocher vraiment à ce second tome ni à ses personnages, car pour le coup, nous ne sommes pas face à une trilogie « ordinaire » : la trilogie « Vengeance » de Mike Nicol est avant tout, et pour comparer avec les habituelles trilogies, un gros roman en trois parties ! Alors, forcément, l’auteur n’a pas choisi la facilité, notamment pour lui, car il est tout de même beaucoup plus commercialement logique de publier 3 romans qui, s’ils se suivent, peuvent malgré tout se lire de manière indépendante… Si je n’ai pas encore lu Killer Country, je suis persuadé, à la seule lecture de La Dette, que tous ceux qui se risqueront à lire comme toi ce second volet avant le premier réagiront… comme toi, et, encore une fois, de manière logique. Et si je parle de gâchis c’est parce que j’ai trouvé La Dette franchement excellent, surpassant même, je trouve, certains Deon Meyer parfois un peu fades ou trop gentillets. Cependant, je languis de lire cette suite sinon, en tant que tel, La Dette n’est pas un roman qui peut se suffire à lui seul. Après la révélation de la motivation de Sheemina, lors d’une rencontre entre elle et les deux associés, le 1er volet se termine net… dans l’attente de la suite. Et pour te dire, à la fin de ce premier volet, j’étais déjà tellement accro aux personnages de Mace et Pylon, à leur famille comme à l’univers crée par Mike Nicol ! Alors, peut-être que, par un phénomène extravagant (quoique…), le second tome est vraiment médiocre, mais je pense surtout que, pour bien faire et si tu en avais le temps, il faudrait que tu lises La Dette, sorti en poche depuis, pour ne pas rater le 3eme volet d’une part, et aussi bien sûr pour le plaisir de lecture que tu pourrais en tirer malgré tout. Mais je comprends que tu ne le fasses pas, déjà que tu as deux Tim Gautreaux à lire… (rires) 😉

    Répondre
  2. BMR

    Contrairement à la tendance générale, je n’ai guère été emballé par La Dette : intrigue est un peu décousue (beaucoup d’acteurs, plusieurs sujets, pas de fil conducteur solide), style un peu sec, héros pas très charismatiques, … un peu de mal à rester accroché même si ça se lit sans déplaisir et je crois bien retrouver quelques caractéristiques dans ton billet ici.
    La Dette m’avait semblé moins intéressant que les bouquins de Deon Meyer et moins bien écrit que ceux de Malla Nunn.
    Je vais donc ‘passer’ pour cette fois.

    Répondre
  3. lamf

    sans être un FAN, je le finis, il es moins prenant que le premier, qui est dur à lire et à suivre je le concède. On va attendre le dernier tome pour se prononcer, mais celui là est un poil de… moins bon

    Répondre
  4. mimiipinson

    Je suis en train de le lire, et j’avoue patiner un peu, et ne pas être prise à la gorge comme je le devrais avec un polar, et surtout comme je l’attends.
    Sans doute le fait qu’il soit le second d’une trilogie , et qu’avant cela, je ne le savais pas, y est pour beaucoup.

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s