Rencontre avec Deon Meyer

Deon Meyer était donc à la librairie Ombres Blanches hier en fin d’après-midi, devant une foule innombrable ! Bon, sans doute nombrable, mais il y a avait beaucoup de monde et pas mal de gens debout.

DM Ombres 01

Première constatation, à l’image d’une grande majorité de ses collègues américains, Deon Meyer est beaucoup plus à l’aise quand il parle de ses personnages et de son écriture que quand on le questionne sur ses opinions.

Mais c’est aussi comme cela qu’il parle de son pays.

La culpabilité que ressent Benny Griessel est celle que ressentent les gens de sa génération, celle d’avoir vécu longtemps sous un régime inacceptable. La liberté, l’énergie, la confiance en lui d’un personnage comme Tyrone sont ceux de cette nouvelle génération (à laquelle appartiennent les enfants de l’auteur) qui n’a connu que le nouveau régime, et qui n’a pas la double honte d’avoir, même passivement, cautionné l’apartheid et d’avoir en conséquence été les parias du monde.

Ces personnages qu’il invente sont une autre famille pour lui, une famille avec laquelle il passe finalement plus de temps qu’avec quiconque. Du coup, chaque fois qu’il les laisse, il commence à se faire du souci pour eux … Alors oui, on reverra Griessel et Mbali, par contre Tyrone ne devrait pas revenir.

Ces personnages d’ailleurs s’invitent de leur propre chef dans ses histoires. Il n’avait au départ jamais envisagé que Thobela et Griessel se rencontrent, ou Lemmer et Joubert. Ce sont eux qui se sont invités, malgré lui, dans l’histoire en cours.

Au cours de la discussion, une chose ressort quand même : Quoiqu’on dise sur les problèmes, réels, de l’Afrique du Sud, l’apartheid est bel est bien terminé, et si la démocratie qu’il a qualifiée de système compliqué et même bordélique ne résout pas tout, loin s’en faut (sinon, il serait au chômage), s’il existe mille raisons de se haïr ou de se trucider en Afrique du Sud, les lignes de séparation ne sont plus raciales mais économiques. Ce ne sont plus les noirs contre les blancs, mais les riches contre les pauvres. Et comme dans ses romans, comme dans la police qu’il décrit, les gens ont appris à travailler ensemble. Ce qui est une grande amélioration si on compare à la situation qu’il a connue jeune.

Pour en finir, on a parlé un peu écriture et travail de la langue, ou plutôt des langues en l’occurrence. Il écrit pour donner envie au lecteur de tourner les pages. C’est presque ce qu’il revendique le plus avec sa tendresse pour ses personnages.

Et il écrit de plus en plus dans une langue en pleine évolution : Il y a onze langues officielles en Afrique du Sud. Donc si les parties descriptives sont « purement » en afrikaans, les dialogues, eux, se doivent de respecter la pratique de la rue, à savoir un mélange permanent de deux ou trois langues, anglais, afrikaans, zoulou, xhosa etc … Un mélange qui, il en est persuadé, donnera dans quelques décennies une nouvelle langue.

Reste la difficulté pour ses traducteurs de rendre cette richesse et cette diversité sans perdre le lecteur (d’où le glossaire en fin de bouquin).

Voilà, c’est très résumé, très partiel auquel il manque un grand remerciement : Benoit Séverac a été impérial à la traduction.

J’arrive trop tard pour annoncer les rendez-vous de ce soir, mais sachez juste que :

Jeudi j’animerai la rencontre avec Eric Maravélias à Ombres Blanches et Ian Manook sera à Escalire (à Escalquens)

Vendredi je serai à Bédéciné avec Ayerdhal, Philippe Georget sera à Série B, et la première table ronde, autour des serial-killers aura lieu à La renaissance.

Et on attend beaucoup de monde à La Renaissance tout le week-end.

PS. Appel au peuple : Il y a eu des photos de faites, si je peux en récupérer une ou deux pour illustrer …

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