Deux novellas de Marcus Malte

Après toutes ces aventures il est temps de se remettre à lire.

TMalte-Fannie-Freddyoujours pas de nouveau roman de Marcus Malte, une novella et une nouvelle pour patienter, c’est Fannie et Freddie, chez Zulma.

Fannie est infirmière, quelque part à une heure de New York. Ses collègues l’appellent Minerve, son port de tête est un peu raide. Pas que Fannie soit coincée, juste qu’elle s’est entraînée à cacher le mieux possible son œil de verre. Alors la mèche, et elle se tourne toujours légèrement de côté …

Freddie est un golden boy. Beau gosse, jeune, riche, un des cadres les mieux payés d’une banque d’affaires.

Fannie et Freddy ne sont vraiment pas faits pour se rencontrer. Sauf si Fannie a des comptes à régler avec Freddy …

Rares sont les écrivains qui relient de façon aussi lumineuse les trafics de nos grands « fauves » (fauves, mon cul !) de la finance, et les effets concrets de leurs magouilles et de leurs petits jeux sur le quotidien de millions de gens.

Marcus Malte le fait, et le fait très bien. Implacable. La tension monte, la folie suit … la construction est parfaite, l’écriture aussi, et en moins de cent pages tout est dit, et sacrément bien dit.

Ce court roman est suivi d’une réédition, Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas. Réédition fort judicieuse. Tout d’abord parce qu’elle permet aux nombreux lecteurs qui ne connaissaient pas ce texte de le découvrir. Mais aussi parce qu’il y a une unité de thématique : Nous ne sommes plus aux US mais dans le sud de la France, cependant la toile de fond est la même : la désindustrialisation d’une région ouvrière, avec la perte d’un travail qui ressemblait à un enfer, mais qui structurait une communauté.

Sur ce fond commun, nous suivons l’errance d’un flic qui ressasse à jamais la perte de son meilleur ami, celui qu’il pleure depuis vingt ans, mort une balle dans la tête sans que jamais il n’ait pu découvrir ce qui s’était passé.

Le paysage industriel abandonné, la plage, la mer, le décor est superbement décrit, l’émotion dès les premières lignes, et une très belle construction.

Deux beaux textes en attendant un prochain roman ?

Marcus Malte / Fannie et Freddie, Zulma (2014).

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