Calum MacLean, suite et fin.

J’avais raté Il faut tuer Lewis Winter de Malcolm Mackay, puis j’avais été impressionné par la suite, Comment tirer sa révérence. La conclusion de la trilogie, Ne reste que la violence, est superbe.

Mackay-violenceCalum MacLean est le tueur attitré de Peter Jamieson, un des caïds de Glasgow, dans une période particulièrement sensible où il est en train de prendre le pouvoir sur toute la ville. Mais Calum vient de s’apercevoir qu’il ne veut plus être tueur. Il veut une vie normale, il ne veut plus être isolé socialement. Mais pour cela il doit quitter Jamieson et Glasgow. Malheureusement, on ne quitte pas comme ça une bande de malfrats, les gros bonnets ayant toujours peur que quelqu’un qui n’est plus avec eux se retourne contre eux, en allant parler aux concurrents ou à la police.

Alors, juste après un boulot parfait, Calum profite de la période où il est censé ne pas avoir de contacts avec ses employeurs pour préparer sa fuite. En mettant toutes les chances de son côté, et en espérant que ça marche …

Toujours froid et clinique dans sa description du milieu, toujours aussi efficace dans la construction de l’intrigue, Malcolm Mackay conclue donc sa trilogie (si j’en crois ce que j’ai lu à droite et à gauche).

Le plus impressionnant de ce roman est que, si l’on fait abstraction du métier des protagonistes, on a vraiment l’impression d’avoir affaire à un roman sur n’importe quelle boite : Calum fait son boulot, il y excelle. Il y a ceux qui sont ambitieux, ceux qui au contraire sont très bien où ils sont, il y a le bras droit qui doit gérer les problèmes de RH, les conflits à désamorcer, les nouveaux marchés à trouver, les pattes à graisser ici ou là.

L’écriture froide assumée et l’absence totale d’émotion (à l’exception de la colère, et encore pas souvent) donnent une description à l’opposé des grandes sagas mafieuses (on est totalement dans l’anti Parrain). Rien de flamboyant, rien de romantique, rien même d’horrible (au premier abord), ce qui accentue la ressemblance avec la gestion d’une entreprise normale (ou d’un club de foot par exemple). C’est juste qu’ici les licenciements sont plus … définitifs.

Et malgré toute cette froideur, on finit par s’attacher à Calum (qui est pourtant une belle ordure si on prend un tout petit peu de recul), la force du bouquin étant de nous le faire oublier le temps de la lecture. Très fort vraiment.

Malcolm Mackay / Ne reste que la violence (The sudden arrival of violence, 2014), Liana Lévi (2014), traduit de l’anglais (Ecosse) par Fanchita Gonzalez Battle.

7 réflexions au sujet de « Calum MacLean, suite et fin. »

  1. gouin jean paul

    bonjour, il y a longtemps que je voulais vous demander comment faites vous pour lire aussi rapidement un (des) livre(s), il y a une méthode…? par exemple je lis le pavé de Padura « Hérétiques », ça fait plus d’une semaine et j’en suis à la moitié!
    sinon votre fréquence de commentaires me va très bien, continuez

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Aucune méthode ! Mais un truc … Je ne regarde jamais la télé, je n’ai pas de facebook, touiter etc … Donc j’arrive à lire minimum de 22h30 à minuit tous les jours, et j’ai toujours mon bouquin avec moi si je dois attendre les gamins, chez le toubib, dans un embouteillage …
      Pas d’autre secret.

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  2. Clement

    Je suis dans le même cas que toi : j’ai râté le premier mais lu les deux suivants.
    J’ai beaucoup aimé aussi.
    Tu le dis très bien : le tour de force est de faire passer ça comme une entreprise « normale »

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  3. Zython

    Un : je me précipite chez mon libraire pour le troisième volet et j’en profite pour acheter la dernière réédition de Ross McDonald chez Gallmeister.
    Deux : as tu lu le dernier Rankin ? J’ai l’impression que l’auteur est en train de virer schizophrène (et c’est une bonne nouvelle pour nous).
    Trois : jetez tous votre télé par la fenêtre, fermez votre compte fessebouc, débranchez votre portable et achetez un fauteuil stressless. Vous allez voir combien de pages on arrive à lire en 24 heures chrono.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      J’ai le nouveau Rankin dans la pile en attente. Pour l’instant je suis sur le Mississippi avec Tim Gautreaux.
      Et pour le trois, ça marche aussi en terrasse avec un café ou une bière, ou dans un bon canapé, ou à l’ombre d’un arbre. Il suffit finalement d’être assez loin de tout appareil à perdre le temps.

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