Sir John Harvey

Cela faisait un moment qu’on n’avait pas lu de John Harvey. Il revient avec de nouveaux personnages dans Lignes de fuite.

Harvey-lignes-fuiteEn plein hiver, le cadavre d’un jeune homme est découvert sous la glace du lac d’un parc de Londres. Karen Shield et son équipe des Homicides sont en charge de l’enquête. Loin de là, dans les Cornouailles, Trevor Gordon, flic proche de la retraite se fait du souci pour une jeune femme qu’il a sorti plusieurs fois d’affaire durant son adolescence : elle semble avoir disparu du côté de Londres … Deux recherches qui vont se croiser, comme se croisent les destins brisés.

Depuis maintenant des décennies John Harvey c’est la classe british, le procédural modèle jaguar : simple et modeste en apparence, et tout est parfaitement réalisé, au point que tout parait facile et évident.

De beaux personnages, auxquels on croit immédiatement, plusieurs histoires qui se croisent et interagissent, plus ou moins, les unes avec les autres, une construction complexe comme la vie, et qui pourtant ne donne jamais l’impression d’avoir demandé un effort et du travail …

Et tout cela servant de toile de fond à la description de l’évolution de la société anglaise, le plus souvent vue au travers du sort réservé aux plus faibles.

John Harvey écrit des histoires, avec des personnages de chair et de sang, qui trainent leurs problèmes, souffrent, vivent, peuvent se révéler héroïques ou insupportables, touchant ou pénibles, pas toujours cohérents, victimes et bourreaux, comme nous tous. Et on y croit, dès les premières pages. Ces histoires tissent, roman après roman, une fresque qui, bien mieux que n’importe quel article ou étude savante, dépeint l’Angleterre.

Décidément, John Harvey est aussi grand qu’il est modeste et discret. Sir John Harvey serait-on tenté de dire.

John Harvey / Lignes de fuite (Good bait, 2012), Rivages/Thriller (2014), traduit de l’anglais par Karine Lalechère.

15 réflexions au sujet de « Sir John Harvey »

  1. jeromejukal

    C’est vrai qu’il y a de la classe chez ce monsieur.
    Charlie Resnik puis Frank Elder sont des personnages qui nous accompagnent longtemps…
    Merci pour cette chronique qui nous rappelle que la discrétion en écriture fait les grands livres. Elle est si rare.

    Répondre
      1. Meyer Meyer

        Le nouveau Resnick s’appelle « Darkness darkness » Il est paru cet été au Royaume-Uni http://www.telegraph.co.uk/culture/books/crimeandthrilerbookreviews/10890043/Darkness-Darkness-by-John-Harvey-review.html
        C’est le dernier de la série selon les déclarations de John Harvey.
        Je termine « lignes de fuite » et reviens vous dire demain ce que j’en ai pensé.
        J’ai découvert John Harvey en 2013 et depuis j’ai lu tous ses romans à part « Couleur Franche » qui m’attend dans ma table de nuit. Je partage donc l’avis de JML : Harvey est un « Grand »

      2. actudunoir Auteur de l’article

        Merci pour le lien, et ce n’est pas le premier « dernier Resnick », comme on a eu d’ailleurs le « dernier Rebus » … Donc je garde espoir.

  2. Meyer Meyer

    Ca y est j’ai terminé « lignes de fuites ». Ce n’est pas le meilleur John Harvey (loin de là) mais cela reste une lecture agréable. D’où me vient cette relative déception ? Je ne peux pas le dire précisément. Peut-être un personnage principal moins complexe que Resnick ou Elder ? Ou bien une intrigue un peu décevante. Bon vivement Darkness darkness !

    Répondre
    1. Françoise

      « D’où me vient cette relative déception ? »
      Je me suis également posé la question. Peut-être d’un trop plein de personnages secondaires qu’on n’a pas le temps de suivre, en tout cas dans les enquêtes de Karen. D’une impression qu’on ne sait pas trop où l’auteur veut nous amener. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas du tout accroché, même si j’ai apprécié les personnages liés à Rose/Laetitia, plus fouillés, plus aboutis.
      Mais je me dis aussi que ce n’était peut-être pas le bon moment, et que n’importe quelle lecture, cette semaine, m’aurait demandé un effort de concentration que je n’étais pas capable de fournir, allez savoir pourquoi…

      Répondre
      1. actudunoir Auteur de l’article

        Après le Camilleri que j’avais quasiment terminé mercredi, il m’a été impossible de lire. J’espère m’y remettre d’ici peu.

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