Einar, le journaliste

Revoici Einar, le journaliste d’Arni Thorarinsson dans L’ombre des chats.

Thorarinsson-Ombre-des-chatsEinar, journaliste au Journal du soir de Reykjavik reçoit, coup sur coup, trois SMS érotiques d’un numéro inconnu. Qui se révèle être celui d’un député socialiste en course pour la tête de son parti. Dans le même temps, au Journal du soir, de grandes manœuvres pour prendre le contrôle économique du journal sont en cours.

Mais ce n’est pas tout : il doit remplacer le rédacteur en chef malade et s’occuper d’un fait divers : l’agression d’un homme dans la file d’attente d’un bar par une femme armée d’une bouteille. Pour finir, deux jeunes gens en pleine santé qu’il a rencontrés il y a peu se sont suicidés d’une façon très étrange …

Pas étonnant que le pauvre Einar ne sache plus où donner de la tête.

Autant le dire tout de suite, L’ombre des chats n’atteint pas le très haut niveau du précédent roman d’Arni Thorarinsson, L’ange du matin, qui, il faut le dire et le répéter, était absolument exceptionnel.

On a parfois l’impression, comme Einar de se perdre un peu dans tant d’intrigues croisées. Et également de se perdre dans les très nombreux personnages. Ceci dit, même avec ce petit défaut, le roman reste fort recommandable.

Parce que l’auteur y poursuit sa peinture d’un pays qui perd ses repères, ruiné par les fameux « nouveaux vikings » de la finance qui ont fait fortune, l’ont mis à genou et s’en tirent bien entendu, alors que le reste de la population paie les pots cassés.

Parce qu’Einar est un personnage que l’on aime, auquel on s’est attaché et que l’on est heureux de retrouver.

Parce qu’ici l’analyse de la collusion entre partis politiques, monde des affaires et monde de la presse est particulièrement fine et pertinente. Arni Thorarinsson ne cache rien mais ne juge pas ( Einar est plus intransigeant …). Les protagonistes ne sont ni des enfants de cœur, ni des gens complètement pourris ou corrompus. C’est ce glissement de quelqu’un qui a eu des valeurs, a cru à juste titre les défendre, a accepté, peu à peu certains compromis pour ce qu’il croyait encore le bien commun, pour finir par se retrouver pris et partie prenante consciente d’un système totalement contraire à ses valeurs de départ qui est très bien rendu. Pour en arriver à une conclusion bien connue : le pouvoir corrompt !

Et c’est fort justement et finement montré ici,

Arni Thorarinsson / L’ombre des chats (Ar kattarins, 2012), Métailié (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.

6 réflexions au sujet de « Einar, le journaliste »

  1. Norbert

    Il faut que je m’y mette à cette série. De même qu’il faut que je recommence la lecture d’Indridason, dont je n’avais lu que le premier roman, à l’époque où je ne lisais encore quasiment que des romans à suspense et autres thrillers américains… « La cité des jarres », je n’avais pas trouvé ça désagréable, mais forcément très très lent (je n’avais pas encore basculé dans le roman noir comme maintenant – et même s’il m’arrive encore de lire quelques thrillers de temps en temps). Du coup, je n’avais plus jamais lu de polars nordiques ou scandinaves à part deux Nesbo, sorte de « phobie » créée peu après par la mode qu’ils avaient eu lorsqu’on ne voyait et entendait parler plus que de ça… Or, tous ces commentaires brillants, sur ces deux auteurs notamment, me titillent déjà depuis quelques temps, et en début d’année d’ailleurs le dernier Indridason « Le Duel » a rejoint dans ma « Pile à lire » les romans de Stefan Mani… Je suis donc paré pour la re-découverte !

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Si tu ne veux pas lire tous les Indridason et tous les Thorarinsson je te conseille de lire :
      La femme en vert d’Indridason
      L’ange du matin de Thorarinsson en priotité
      Le duel est assez atypique des romans d’Indridason … et je l’ai raté !

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  2. Norbert

    Ok, merci du conseil. J’avais de toute façon déjà noté de commencer au minimum par L’ange du matin, et peut-être que c’est finalement ce que je vais faire, quitte à revenir en arrière dans la série une fois que j’aurai accroché. Et « La femme en vert », c’est noté.
    Quant à l’été prochain, tu sais déjà ce qui t’attendra… un Duel avec Le dernier arbre !… ; )

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  3. Norbert

    Bon, je sais ce qu’il va falloir faire. Je t’enverrai le poche l’été prochain. Tu ne peux pas continuer cette vie sans avoir lu le meilleur de Tim. 😉

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