Un nouvel auteur espagnol chez Asphalte

Les éditions Asphalte ont le chic pour dénicher des romans urbains latinos. En voici un nouveau avec La ballade des misérables de l’espagnol Aníbal Malvar.

MalvarDans le bidonville de Poblao, peuplé de gitans, la petite Alma vient de se faire enlever. Ce n’est pas la première gamine gitane à disparaître à Madrid. Mais cette fois, c’est la petite fille du patriarche et l’affaire fait enfin du bruit. L’inspecteur O’Hara et son partenaire Ramos sont en charge de l’enquête. Mais les gitans n’ont pas confiance et le grand-père demande à Tirao, un colosse, de chercher de son côté. De la décharge voisine aux beaux quartiers ils vont mettre en lumière de sordides trafics.

Il m’a manqué très peu de choses pour que ce roman m’emballe complètement. En fait, je crois plutôt qu’il y avait trop de choses … L’auteur fait le choix de passer en permanence d’un narrateur à l’autre, avec une priorité donnée aux protagonistes principaux, mais en prenant aussi un perroquet, la lune, la ville, un insigne de police ou la vieillesse comme intervenants.

Un choix qui s’avère parfois très émouvant, poétique et humain comme le chapitre raconté par la vieillesse, mais qui m’a parfois ennuyé et donné l’impression qu’on avait là un chapitre qui aurait gagné à être coupé (comme celui de l’insigne de police). De fait j’ai eu quelques coups de mou dans la lecture …

Dommage car si l’on excepte ces lenteurs, l’ensemble est vraiment original et convaincant. De beaux personnages, avec une façon très personnelle de tordre les clichés (le couple de flics est très réussi), de belles scènes, spectaculaires, émouvantes ou rageantes.

Et surtout la peinture de la situation des gitans, faite avec beaucoup d’humanité, sans concession mais sans non plus d’angélisme : on peut être victime d’une société et être un parfait pourri. Les gitans du Poblao ne sont pas des enfants de cœur, ils souffrent, vivent dans des conditions lamentables, sont victimes du racisme du reste de la population … mais cela n’empêche pas qu’ils sont aussi capables d’être de vrais pourritures, d’arnaquer ou de violenter leurs compagnons de misère, de s’enrichir sur le dos de plus faibles qu’eux … Bref des humains, comme les autres, mais qui vivent dans des conditions indignes.

Pour conclure, les scènes finales, très fortes, emportent l’adhésion et gomment les réticences que l’on peut avoir. A découvrir donc au prix d’un petit effort, et en sachant que les fans de polars carrés et classiques risquent d’être déroutés.

Aníbal Malvar / La ballade des misérables (La balada de los miserables, 2012), Asphalte (2014), traduit de l’espagnol par Hélène Serrano.

3 réflexions au sujet de « Un nouvel auteur espagnol chez Asphalte »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      J’ai vu ça chez toi. En fait la petite chose qui m’a gênée est que dans les « narrateurs inhabituels », certains fonctionnent très bien, d’autres moins. Du moins pour moi.

      Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s