Le dernier Pratchett

Déjà la 35° volume des Annales du Disque Monde. Et cela sans compter la série parallèle consacrée à Tiphaine Patraque. Le nouveau roman de l’immense Terry Pratchett s’appelle Déraillé.

Pratchett-derailleRichard Simnel est inventeur et surtout ingénieur. Il a inventé Poutrelle-de-Fer, une machine à vapeur capable de se déplacer sur des rails. Et il est tombé sur Henri Roi, devenu richissime en débarrassant Ankh-Morpok de sa merde (littéralement) et capable de reconnaître une bonne idée. Moite von Lipwip, ex escroc brillantissime (pas toujours ex d’ailleurs) et devenu directeur de banque et chef des postes sur ordre de Vétérini (et on s’oppose rarement aux ordres de Vétérini si on veut garder sa tête) va lui aussi, toujours sur ordre, s’intéresser à ce que l’on peut faire avec cette machine.

Ailleurs, au plus profond des mines, certains nains très traditionalistes ne voient pas d’un bon œil les changements dans la société naine, les jeunes qui quittent la mine, ceux qui deviennent copains avec les trolls ou les humains … Ils ne vont, c’est certain, pas aimer cette nouvelle machine qui permet d’aller ailleurs plus facilement. Alors, en douce, dans le noir, ils préparent le retour de la grande tradition pour les nains, le chaos pour les autres.

Certes ce n’est pas le meilleur des épisodes des Annales. Mais ça reste un plaisir. Terry Pratchett, une fois de plus excelle dans cet exercice compliqué : démonter tous les mécanismes d’un événement historique ou récent qui se déroule ici, sur notre Terre, mettre toutes les petites roues, ressorts, vis et rondelles à plat sur la table, et tout remonter à sa façon pour en faire un machin complètement différent mais ressemblant et surtout qui marche !

Ici c’est l’arrivée de la vapeur et le début de l’ère industrielle, avec ce que cela comporte de fascination, de rejet, de changements, de rêves et de batailles. Et également le fondamentalisme religieux dans toutes ses dérives.

On se retrouve donc avec une loco un peu vivante, des nains des profondeurs qui tentent de s’opposer aux changements chez les nains, si besoin au moyen d’attentats, des petits malins qui voient un moyen de faire de l’argent avec tout ça, des moins malins qui sont contre parce que c’est nouveau et qu’ils ne comprennent pas et, comme Pratchett est un incurable optimiste, tout s’arrange à la fin.

Au cas où, et pour mettre les choses au clair sans ambiguïté, oui chez Pratchett les nains fondamentalistes sont de sales cons obtus, stupides, méchants et dangereux, mais non ce ne sont pas tous les nains, bien loin de là, et ce sont les nains eux-mêmes (la grande majorité qui veut changer tout en gardant ses spécificités), qui finissent par botter le cul des obtus.

Avec tout ça on a la plaisir de revoir Moite, Vimaire, Vétérini, quelques agents du Gué, le Petit Roi … et quelques autres. On sourit souvent (même si on rit moins que dans d’autres) et on attend le prochain.

Terry Pratchett / Déraillé (Raising steam, 2013), L’Atalante/La dentelle du cygne (2014), traduit de l’anglais par Patrick Couton.

PS. Je ne suis JAMAIS objectif quand il s’agit de TP et de ses ADM.

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