Kim Zupan, un nouveau chez Gallmeister.

C’est parti pour 2015. Je commence avec une nouveauté toute fraiche : Nouvel auteur, premier roman. C’est chez Gallmeister, c’est de Kim Zupan : Les arpenteurs.

ZupanUne petite ville quelque part dans le Montana. John Gload était tueur. On ne saura guère comment il vendait ses services, ni comment il en est arrivé là. Il a plus de soixante ans et il s’est fait arrêter. Il attend son procès dans la prison de cette petite ville. Val Millimaki est le plus jeune adjoint du shérif. A ce titre c’est lui qui va devoir assurer les gardes de nuit à la prison. Petit à petit, un étrange dialogue se noue entre le vieux tueur et le jeune homme. Un dialogue et un début d’amitié ? Ou de fascination ?

Les arpenteurs n’est pas un roman facile. C’est un roman lent, centré sur des personnages pas forcément aimables, et qui met en scène des relations et des sentiments qui peuvent être dérangeants. Donc si vous avez encore un peu mal à la tête et envie d’un bouquin dont les pages tournent toutes seules, mettez-le de côté le temps de récupérer.

Mais Les arpenteurs est un roman assez envoutant quand on lui donne sa chance. Un roman qui rend particulièrement palpable le malaise dû à l’insomnie (tient, comme le Peter May, L’île du serment, ils dorment jamais les auteurs de polar ?).

Un roman qui sans jamais présenter le tueur autrement que … comme un tueur, efficace mais sans la moindre empathie pour ses victimes quelles qu’elles soient, et sans la moindre glamour à la mode style serial killer super intelligent ou charismatique, arrive à faire sentir comment un homme « normal » et même faisant plutôt partie des « gentils » peut se sentir lié à lui.

Un roman qui fait voir le reflet du soleil sur une rivière ou une peau, sentir la rage ou la fatigue, entendre les branches qui crissent contre un toit.

Un roman qui sait dire le minimum, faire beaucoup d’impasses, et pourtant rester clair et compréhensible.

Un roman qui dresse le portrait saisissant de ce tueur, vieil homme parfois pathétique, souvent effrayant, sans jamais en faire ni un surhomme, ni le Mal incarné … Juste un homme qui n’accepte pas d’obstacle à ses désirs (au demeurant assez limités) et pour qui la vie humaine semble ne pas avoir de valeur. Un portrait troublant car marquant et en même temps difficile à saisir.

Et heureusement, un roman éclairé par quelques traits d’humour absurde, pas de quoi se tenir les côtes, juste ce qu’il faut pour égayer une atmosphère pas nécessairement pesante, mais étrange et angoissante.

Bref un roman fort intéressant une fois que vous serez remis des excès des fêtes.

Kim Zupan / Les arpenteurs (The ploughmen, 2014), Gallmeister (2014), traduit de l’anglais (USA) par Laura Derajinski.

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