James Lee Burke au Texas

Quand tout va mal, quand on n’a plus envie de lire, quand on enchaîne les déconvenues, il faut faire comme au Rrrruby : Revenir aux fondamentaux. Ca tombe bien, voilà Dieux de la pluie, le dernier James Lee Burke. Attention, ce n’est pas un Dave Robicheaux. Mais c’est très bien quand même !

dieux de la pluie.inddDans un bled du Texas, un shérif, Hackberry Holland et son adjointe Pam Tibbs. Le vieux est un dur à cuire, veuf, ancien alcolo, hanté par ce qu’il a vu et subit pendant la guerre de Corée. Il enquête sur le massacre de neuf femmes ayant passé la frontière de façon clandestine le ventre chargé d’héroïne. Il a trouvé les cadavres enterrés derrière une église désaffectée.

Pas loin, un jeune homme revenu bien amoché d’Irak ne sait pas comment se sortir du bourbier où il s’est fourré en conduisant ces femmes à leur arrivée au Texas. Témoin du massacre, il est recherché par Le Prêcheur, tueur à gage mystique et dérangé qui semble avoir complètement échappé au contrôle de ses employeurs. Qui ne sont pas eux non plus des enfants de cœur.

Tous les ingrédients sont rassemblés, le carnage peut commencer.

On n’est ni en Louisiane, ni dans le Montana, mais c’est du grand James Lee Burke. Avec un affreux absolument extraordinaire, totalement ravagé et capable de vous surprendre même dans les dernières pages. Avec des femmes qui sont tout sauf des victimes expiatoires et en font voir de toutes les couleurs à des hommes souvent dépassés. Avec le grand thème de la Rédemption. Avec des paysages magnifiquement décrit. Avec un histoire bien tordu, mais qui se termine dans une simplicité digne des westerns les plus classiques. Avec de sacrés durs à cuire. Avec des hommes hantés par leurs démons, avec des scènes de bravoure parfaitement maîtrisées.

Même si on ne sent pas ici l’amour du grand homme pour sa terre de Lousiane ou pour le Montana on gagne en rudesse et en âpreté ce qu’on perd en lyrisme. Bref, que ce soit au Texas ou en Louisiane, avec Dave ou Hackberry, James Lee Burke est grand.

James Lee Burke / Dieux de la pluie (Rain gods, 2009), Rivages/Thriller (2014), traduit de l’anglais par Christophe Mercier.

26 réflexions au sujet de « James Lee Burke au Texas »

  1. lamf

    je sais pas si on le fera, contact rompu avec rivages
    tant pis, de toute manière ca va nous obliger à suivre ce que je veux faire, m’occuper des indépendants, car en fait vous êtes assez nombreux pour faire du rivages, du Gallimard et autres, sur les blog et sites
    hé hé hé, je vais peut être réussir à convaincre mon équie de fous
    belle chronique, je le lirai un jour en vacances, mais je le chroniquerai pas
    a piouche

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      C’est marrant, on dirait que tu vois le travail des blogs comme une sorte de service public qui devrait, dans son ensemble, couvrir toute la production.
      Je ne me vois d’aucune utilité publique ou privée, et ne me sens aucune obligation, si ce n’est parler des livres que j’aime. Et en commençant par me faire plaisir avec ceux que j’aime depuis longtemps.
      Autant j’essaie d’être curieux dans la limite de mon temps libre, autant il est pour moi absolument impensable de ne pas prendre, tous les ans, un pied immense avec Burke, Camilleri, Nesbo etc …
      Pour résumer, si je n’avais pas ce blog, et si je ne chroniquais rien nulle part, je lirai à très peu de choses près les mêmes bouquins.

      Répondre
  2. lamf

    je vois t’as pas capté….et qu’il n’y a aucune attaque contre moi, mon pote
    il y a pléthore de blog et de sites, j’en découvre encore, et je trouve, que comme en radio on passe la même zique, comme à la télé
    grand publique un peu, vois tu ?
    et que j’essaye bien souvent de mettre les petits éditeurs en avant, et que je devrais plus réflexion que je partageais juste…évidement que je lis encore les grands,
    enfin bref
    pas grave

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Mais je ne voyais aucune attaque contre personne (ni moi ni toi), juste une différence d’approche, sans aucun classement ni jugement de valeur.
      C’est vrai que je vois, ici et là, certains affirmer leur choix de ne pas parler de ceux dont on parle partout, et de favoriser les petites maisons d’éditions, ce qui relève, si je ne m’abuse, d’une démarche que l’on pourrait presque qualifier de « militante » (avec tous les guillemets de rigueur).
      De mon côté je ne revendique rien de cela, et je dois avouer qu’au moment de choisir entre deux bouquins sur la pile, s’il y a un Camilleri, un Burke ou un Férey,ce sont eux qui passent devant, au risque de délaisser les inconnus.
      Une fois de plus, il n’y a aucun jugement et je ne prétends pas que ma méthode soit meilleure ou pire qu’une autre.

      Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Et la différence entre la radio ou la télé et moi, c’est que moi je fais ça sur mon temps libre, que je ne suis pas payé par des impôts, et que je ne me sens donc aucune obligation envers personne.
      En fait si, une seule, si je demande un bouquin expressément, je le lis.

      Répondre
  3. lamf

    bah non , finalement je l’ai lu, et il est passable….je viens de la chroniquer, c’est toujours les mêmes plans avec Burke, bon, ca marche, mais moi je me lasse, on verra la suite , parce qu’il y a une suite…..

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s