La fille de Nemo, de Messieurs Moore et O’Neill

Je suis fan (et je suis loin d’être le seul), des bédés du scénariste anglais Alan Moore. Découvert avec deux de ses chefs-d’œuvre, V pour Vendetta et les Watchmen, j’avais, il fut un temps acheté plus ou moins tout ce qui était disponible, et puis, je me suis un peu perdu. C’est en voyant passer, sur le site de Bédéciné, l’avis de la sortie d’un nouveau volume consacré à la fille de Nemo, de l’univers de la Ligue des gentlemen extraordinaires (autre monument) que j’ai décidé de me mettre un peu à jour. Avec Cœur de glace et Les roses de Berlin où il retrouve son dessinateur Kevin O’Neill.

Moore-Nemo-GlaceS’il y en a qui arrivent ici et qui n’ont jamais lu La ligue des gentlemen extraordinaires, ouste, chez le libraire, à la médiathèque, chez les copains, allez me les récupérer tout de suite (je suis un peu perdu dans les différents volumes, il y en a 3 ou 4). Je n’ai pas vu le film, assez lamentable si j’en crois les critiques, mais les BD sont absolument géniales, mais c’est normal, c’est un scénario de Moore. Pour vous résumer rapidement, sachez qu’il reprend ici les personnages les plus emblématiques de la littérature d’aventure et fantastique de la fin du XIX° et du début du XX°. On trouve parmi ses personnages, l’homme invisible, Mr Hyde, le docteur Moreau, Allan Quatermain, Mina, la première victime de Dracula, Moriarty … et Nemo. Alan Moore les triture à sa sauce, leur fait rejouer la guerre des mondes … entre autres. Et c’et génial.

Nous sommes ici plus tard, bien plus tard Cœur de glace se déroule en 1925 et Les rose de Berlin en 1941.

Moore-Nautilus

Le personnage central en est Janni, la fille de Nemo qui a repris le Nautilus, qui avec Kevin O’Neill génial au dessin est devenu une sorte de vaisseau pirate steampunk complètement kitch. Au début de Cœur de glace, elle semble en avoir assez de la vie de pirate, mais pour une ultime attaque se fait une ennemie redoutable (sorte de reine africaine assez mystérieuse), associée à un magnat de la presse, un certain Kane (citoyen Kane ?) … Va s’ensuivre une course poursuite à travers l’Antartique qui donne lieu à des dessins, des décors et des créatures absolument soufflants. Par contre, j’avoue que je ne suis pas certain d’avoir vraiment suivi les péripéties et que je me suis un peu perdu. Il semble que j’ai raté quelques volumes assez ésotériques et obscurs, avant … J’aurais peut-être arrêté là, mais j’avais déjà acheté …

Moore-Nemo-BerlinLes roses de Berlin. Et là je me suis régalé, comme dans les premiers volumes. L’histoire est simple, très simple. Nous sommes maintenant en 1941. La reine suscitée, qui est rancunière, a juré la perte de Janni. Elle a fait alliance avec le Führer, et accepte de lui livrer un secret qui va changer la face du monde en échange de la capture du Nautilus et de sa capitaine. Pour cela elle capture la fille de Janni et son mari Robur et les détient dans les geôles de Berlin.

Bien entendu, Janni, son mari et tout l’équipage du Nautilus se précipitent à la rescousse, prêts à affronter les hordes nazis, le docteur Mabuse et un robot très Fritz Lang, dans des décors caligariens.

Et alors ? Et alors c’est génial. On retrouve ce plaisir très égoïste de se sentir intelligent quand on reconnait une référence. Plaisir qui redouble immédiatement quand, la BD refermée on se plonge dans ses bouquins ou internet pour vérifier la dite référence. L’histoire est certes simple, mais dans le plus pur style série B. Ca canarde, les répliques fusent, les héros sont de sacrés durs à cuire, les méchants sont horribles et morflent. Et les dessins sont à la hauteur de références cinématographiques qui auraient pu être écrasantes. Un vrai bonheur.

Alan Moore (scénario) et Kevin O’Neill (dessin) / Cœur de glace (Heart of ice, 2013) Panini Comics (2013) traduit de l’anglais par ?, et Les roses de Berlin (Roses of Berlin, 2014) Panini Comics (2015), traduit de l’anglais par Mathieu Auverdun.

4 réflexions au sujet de « La fille de Nemo, de Messieurs Moore et O’Neill »

  1. Pierre FAVEROLLE

    Salut Jean Marc, je découvre que nous avons la même passion pour Alan Moore. Je ne peux que te conseiller Supreme (ou du moins le premier tome chez Delcourt, car je n’ai pas lu le ou les autres). Quant à ceux que tu chroniques, je pense que je vais les acheter et les lire dès ce week-end ! Merci de l’info ! Amitiés

    Répondre
  2. Tasha

    Ah la la, Moore! J’aurais bien aimé qu’il ait le Grand Prix d’Angoulême… Mon premier Moore a été Watchmen, un choc! Je te confirme, le film tiré de La ligue des gentlemen extraordinaires est affligeant. Enfin, j’imagine que pour qui ne connaît pas Moore, ça se regarde… Et du coup, tu me fais découvrir le site de Bédéciné, mine d’infos sur les sorties. A chaque fois que je suis passée par Toulouse j’y suis allée et à chaque fois j’y ai découvert quelque chose, notamment en SF ou fantasy (grâce aux conseils de LA libraire fabuleuse et pas empêtrée dans des jugements de valeur à la noix). Merci!

    Répondre

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