La face cachée de la prospérité

Un nouveau Charlie Parker (le privé, pas le musicien) de John Connolly (Connolly, pas Connelly) c’est toujours une bonne nouvelle. Le dernier, Sous l’emprise des ombres ne déroge pas à la règle.

connollyJude, un sans-abri connu de tous à Portland était en train de collecter tout ce qu’il pouvait trouver comme argent pour engager Charlie Parker quand il s’est suicidé. Il voulait qu’il l’aide à découvrir ce qui était arrivé à sa fille, une ancienne junkie qui était en train de s’en sortir. La dernière fois que quelqu’un l’a vue, elle s’apprêtait à aller retrouver un boulot dans la petite ville de Prosperous. Le moins qu’on puisse dire c’est que Jude n’y a pas été très bien accueilli.

Charlie a des doutes sur le suicide, et quand il va à Properous, il en revient avec une sale, impression, une très sale impression, celle d’une ville qui cache des secrets vraiment moches. Il ne se trompe pas, et il va avoir besoin, une fois de plus, de l’aide de ses amis Angel et Louis.

Encore un excellent Charlie Parker, avec de l’humour (noir certes mais de l’humour), des personnages qu’on adore, comme les affreux Louis et Angel ou les deux frères Fulci, et bien entendu Charlie, de l’action, une angoisse qui monte, un zeste de fantastique …

Ca c’est la base de tous les romans de Connolly. Ajoutez des affreux par douzaines, quelques psychopathes déjà connus des lecteurs mais également cette ville de Prosperous, atroce dans son apparente normalité qui cache une abomination. Ce village personnage est une vrai réussite de Connolly, la face cachée des sourires faux de tous les prédicateurs et de toutes les dames patronnesses, vraiment flippant et très très réussi.

Et comme souvent chez Connolly, derrière l’action, l’humour et le suspense, le portrait d’une Amérique, ou plutôt ici de deux Amériques : celle des petites villes très religieuses et en apparence très propres, et celle des homeless, ceux qui, pour une raison ou une autre, vivent dans la rue. Cette dernière étant représentée par deux ou trois personnages inoubliables.

En résumé, un très bon Charlie Parker.

John Connolly / Sous l’emprise des ombres (The wolf of winter, 2014), Presses de la cité/Sang d’encre (2015), traduit de l’anglais (Irlande) par Santiago Artozqui.

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