Un petit Pelecanos

J’avoue que cela fait quelque temps que je ne m’enthousiasme pas autant pour les romans de Georges Pelecanos que du temps des séries Nick Stefanos, Peter Karas ou Derek Strange. Mais j’y prends quand même plaisir. C’est pourquoi je ne lâche pas. J’ai donc lu le dernier Red Fury, toujours avec plaisir, mais toujours sans m’enthousiasmer.

PelecanosNous sommes en 1972 à Washington. Derek Strange, jeune homme noir, a quitté la police pour ouvrir son agence de détective privé.

Robert Lee Jones, dit Red a décidé de faire parler de lui dans toute la ville. Accompagnée de sa poule Coco, un maquerelle flamboyante il tue, kidnappe et arnaque minables et puissants sans se soucier des conséquences.

Rapidement Frank Vaughn, « Molosse », flic blanc à l’ancienne et ex partenaire de Strange est sur ses traces. Derek aussi qui doit récupérer une bague volée par Red à une de ses clientes. Ils croiseront la route de deux mafieux newyorkais eux aussi victimes, par ricochet, des dégâts causés par Red. 1972, une année qui restera dans la mémoire des habitants du quartier comme celle de Red Fury.

De toute évidence George Pelecanos s’est fait plaisir en ressuscitant le Washington du début des années 70, celui qu’il a déjà mis en scène dans les premiers romans consacrés à Dimitri Karras et Marcus Clay (King Suckerman), ou même, si ma mémoire est bonne, les tout premiers Nick Stefanos, quand celui-ci est encore vendeur dans un magasin d’électronique. Il fait aussi référence au très bon Hard Revolution, où Derek Strange est flic. Bref, Pelecanos s’offre un coup de nostalgie. C’est le côté le plus agréable pour les fans qui connaissent toute son œuvre. Cela et son art, qui ne se dément pas, pour récréer une époque en quelques phrases : musique, films, fringues, mentalités, paysage urbain … tout est sobrement mais efficacement évoqué.

Si c’était l’œuvre d’un autre on s’en contenterait sans doute. Là, comme on compare forcément aux chefs-d’œuvre que sont Un nommé Peter Karras, King Suckerman ou Anacostia River Blues, sans parler de Hard revolution ou Blanc comme neige … ça fait un peu léger.

Par rapport à ces romans, cela manque de profondeur, de souffle, de puissance. Comme l’animal a du métier on ne s’ennuie pas et c’est plaisant. Mais on attend beaucoup plus de monsieur George Pelecanos. A lire pour les fans. Et pour les nouveaux venus, si ça vous a plu, précipitez-vous sur les romans précités et attendez-vous à une belle claque !

George Pelecanos / Red Fury (What it was, 2012), Calmann-Lévy (2015), traduit de l’anglais (USA) par Denis Beneich.

3 réflexions au sujet de « Un petit Pelecanos »

  1. trane

    Un petit Pelecanos… Presque un soulagement, pour une fois que je vais pas devoir ajouter un livre à l’énorme pile à lire. Merci pour tout le travail de ce blog.

    Répondre

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