Des nouvelles de Jérôme Leroy

J’aime bien avoir toujours sous la main un recueil de nouvelles. Que je lis peu à peu, dans les interstices laissés par les gros romans. Le dernier est signé Jérôme Leroy : Les jours d’après, contes noirs.

Leroy-contesDeux anciens barbouzes règlent leurs comptes à Lille, sur fond de souvenirs d’amours de jeunesse.

Un hommage aux victimes de Guernica couleur sépia.

Quelques futurs possibles, tous plus déprimants les uns que les autres, quoi que … Le dernier braquage du monde n’est pas dépourvu d’une lueur d’espoir, et l’histoire de zombies est assez méchante pour être drôle …

Un éloge de la paresse.

Un hommage pastiche aux grands du roman d’espionnage réussi ; un autre à K. Dick.

Une histoire de fantôme romantique, un chant d’amour au PC, et une vengeance réjouissante qui envoie un sinistre con en enfer fiscal.

Un match de foot (et oui, Jérôme aime le foot) spécialement dédié à David Peace et un cauchemar d’écrivain.

La plupart de ces nouvelles ne sont pas inédites, j’en avais d’ailleurs déjà lu trois, que j’ai eu grand plaisir à relire.

Des hommages réussis à certains de ces auteurs fétiches (et quelqu’un qui aime, entre autres, David Peace, John Le Carré ou Philip K. Dick ne peut pas être totalement mauvais). Les thématiques chères à Jérôme Leroy : le charme des jeunes filles blondes, les vieilles rues de Lisbonne, les luttes syndicales et politiques, la littérature, la nécessité de prendre le temps, de préférence avec un livre et un verre à la main … Elles sont toutes là, traitées avec humour et légèreté, avec élégance aussi et une certaine distance souriante que permet bien le format court.

Un format court qui autorise aussi des idées assez délirantes qui ne tiendraient pas la longueur, et un humour très référencé qui fait mouche en quelques pages mais agacerait sans doute dans un roman.

Bref, le court va bien à Jérôme Leroy, il lui permet d’être tour à tour méchant, respectueux, romantique, drôle, vindicatif ou songeur. Voire déprimé.

A déguster. En paressant un verre à la main cela va sans dire.

Jérôme Leroy / Les jours d’après, contes noirs, La petite vermilllon (2015).

2 réflexions au sujet de « Des nouvelles de Jérôme Leroy »

  1. Françoise

    Pas encore lu celui-ci. J’ai eu l’occasion de rencontrer JL à Arras, lors du festival « Colères du présent ». Il est vraiment adorable, même quand on n’est pas une jeune fille blonde ! Après quelques bières,j’ai enfin osé lui dire l’admiration que j’ai pour son écriture que je trouve de plus en plus belle : je pense (ce n’est pas un jugement, je ne me le permettrais pas, mais une question de sensibilité sans doute) en effet que « l’Ange gardien » est le meilleur roman noir francophone que j’aie lu en 2014. Encore mieux que Nicolas Mathieu (« Aux animaux la guerre ») que j’ai aussi rencontré : décidément les auteurs de noir sont souvent des gens abordables, sympathiques et avec lesquels on passe de bonnes soirées !

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Il sera, je n’en doute pas ravi de lire ce commentaire ! C’est vrai que L’ange gardien est un excellent roman, et il y en a eu quelques uns en 2014, dont le Nicolas Mathieu et le Frank Bouysse.

      Répondre

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