Spider Jerusalem revient

Remercierai-je un jour assez celui ou celle qui m’a signalé la série Transmetropolitan de Warren Ellis et Darick Robertson ? Non. Même ainsi qu’il ou qu’elle soit assuré(e) de ma gratitude éternelle. Tout ça pour dire que le volume 4 qui reprend cette œuvre géniale est sorti et qu’il déménage.

Ellis TransA la fin de l’année 3, si vous avez tout suivi, Spider Jerusalem, le journaliste allumé, grossier, inconscient et incorruptible c’est fait virer de son journal et de chez lui. Sa guerre contre le nouveau Président (Le Sourire) prend une tournure de plus en plus violente. Le voilà maintenant à la rue (enfin pas tout à fait, car il a des ressources) avec ses deux sordides assistantes. Et lui parti, la présidence contrôle entièrement tous les media.

Croit contrôler tous les media. Parce que Spider trouve le moyen de publier quand même et de révéler les manœuvres les plus pourries du Sourire. La guerre continue donc, de plus en plus violente et crade. Avec une deadline terrible : Spider est malade, et il ne lui reste peut-être plus très longtemps à vivre.

C’est toujours grandiose, teigneux, méchant, drôle, impitoyable et intelligent. Ce quatrième recueil se singularise par ailleurs par sa tonalité plus sombre (si, c’est possible !), plus angoissante avec l’arrivée de la maladie de Spider, et un récit encore plus près de ceux qui souffrent. Les cases consacrés aux malades lâchés dans la rue faute de place dans les institutions psychiatriques sont particulièrement poignantes, tant les deux auteurs arrivent à rendre leurs souffrances sans jamais tomber dans les pleurnicheries (c’est vraiment pas le genre de la maison !)

La rage devant l’impunité des puissants (ici symbolisés par Le Sourire) et la servilité des media vous prend aux tripes, et on en vient à espérer que Spider et ses sordides assistantes se mettent à défourailler à tout va pour se défouler et faire sauter quelques dents et jaillir quelques tripes.

La suite de la bataille promet des moments d’anthologie et pour vous donner une idée de la tonalité du bousin, à son assistante qui lui rappelle qu’il ne lui reste, plus ou moins, qu’une année à vivre, Spider répond : « On a donc une deadline. Les deadlines, on connaît. »

Pas d’auto-apitoiement ici. Tant qu’il y aura des BD comme V pour vendetta ou Transmetropolitan les ₰µµ !!!§§§ qui nous gouvernent avec la complicité baveuses de tous les grands media n’auront pas tout gagné.

Ellis Trans 01

Warren Ellis (scénario) et Darick Robertson (dessin) / Transmetropolitan année 4 (Spider’s trash et Dirge 2000, 2001 et 2005), Vertigo/Urban Comics (2015), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse.

4 réflexions au sujet de « Spider Jerusalem revient »

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