Des Clarks dans la poudreuse

Tout le monde dit du bien de Piste noire, d’Antonio Manzini. Il fallait que je le lise, c’est chose faite, je suis d’accord, c’est très bien.

manziniRocco Schiavone était commissaire à Rome. Il a gêné des gens influents et se retrouve dans les Alpes italiennes, chez les ploucs qui mettent au pied des chaussures ridicules (mais chaudes !), dans le Val d’Aoste. Et comme Rocco n’est pas du genre à garder ses réflexions pour lui, il ne manque pas de dire à tous ces arriérés ce qu’il pense d’eux, de leurs montagnes et de leur neige.

Quand en plus les emmerdements arrivent sous la forme d’un cadavre complètement explosé par une dameuse, son humeur déjà sombre devient carrément exécrable. Et tant pis pour ceux qui se trouvent sur son chemin.

Excellente nouvelle que ce polar, d’autant plus excellente qu’il semble bien être le début d’une série. Et ça c’est génial.

Parce que si l’intrigue est assez classique, la description de ce bout de montagne très réussie, mais là aussi classique, ce qui emporte immédiatement une adhésion enthousiaste c’est Rocco Schiavone. Quel personnage ! Un vrai sale con, machiste, désagréable au possible, corrompu, facilement violent, imbu de lui-même, méprisant, misanthrope … Et j’en passe et des meilleures.

Et pourtant tellement attachant. Et oui, cela paraît impossible mais on s’y attache. Pour commencer parce qu’il est drôle et qu’il a la méchanceté fine et implacable et manie le sarcasme et l’insulte avec maestria. Parce qu’il faut avouer que parfois il se moque de ceux dont on ne se moque pas par courtoisie … mais on n’en pense pas moins. Et parce qu’il est aussi capable d’éclairs d’humanité et de gestes totalement désintéressés pour lesquels il est prêt à prendre tous les risques.

Et puis l’auteur prend bien soin de laisser quelques éléments de son passé dans l’ombre, ce qui introduit un suspens de bon aloi. Vivement la suite.

Antonio Manzini / Piste noire (Pista nera, 2013), Denoël/Sueurs froides (2015), traduit de l’italien par Samuel Sfez.

12 réflexions au sujet de « Des Clarks dans la poudreuse »

  1. Norbert

    Je confirme, je suis en train de le terminer. Vivement la suite ! Décidément, la collection Sueurs froides nous réservent quelques pépites, dont le prochain Lansdale « Les enfants de l’eau noire », à paraître le 27 août et à ne pas manquer, sans compter le nouveau roman de la talentueuse Paola Barbato (qui sera d’ailleurs au festival Toulouse Polars du Sud cette année) après « À mains nues » : « Le Fil rouge », prévu lui pour le 15 novembre !

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  2. BMR

    Excellente découverte que ce commissaire Rocco (pardon : sous-préfet Rocco), exécrable, odieux et particulièrement attachant ! Vivement la suite.
    (et merci pour ce billet et cette découverte)

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  3. Maïté

    Et au fait, parmi tous les auteurs italiens que tu m’auras fait découvrir, il y a donc désormais aussi Manzini : je l’ai lu début décembre 2016 et j’ai adoré! La longue nuit avec les immigrés clandestins qui surgissent dans cette intrigue sans qu’on ait l’impression de changer de sujet…c’est très très bien écrit.

    Répondre

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