Trois jeunes sur un radeau

Si vous circulez sur les blogs polars (que ce soit unwalker ou encore du noir), vous savez déjà que Les enfants de l’eau noire de Joe R. Lansdale est un des romans à ne pas rater en cette rentrée. Je confirme.

LansdaleNous sommes dans l’East Texas cher à Lansdale, au début des années 30. May Linn, très jolie jeune fille rêve d’aller Hollywood et d’échapper à sa vie misérable. Elle n’ira jamais. Elle est retrouvée, assassinée dans la Sabine, la rivière locale. Ses trois amis, Sue Ellen et Terry, blancs et mal dans leurs familles, et Jinx, noire et mal dans l’East Texas raciste décident alors de la déterrer, de brûler son corps et d’aller répandre ses cendres en Californie.

Ils s’enfuient à bord d’un radeau, après avoir raflé un magot caché par le frère de May Linn. Mais sur la Sabine, les flots parfois agités et les serpents ne sont pas les seuls dangers qu’ils vont affronter : Le beau-père de Sue, un flic violent et pourri jusqu’à la moelle, et peut-être Skunk, psychopathe légendaire (mais certains y croient) qui vivrait dans les bois sont à leurs trousses.

Du très grand Lansdale, dans la lignée de son chef d’œuvre Les marécages (que vous allez bien entendu lire sur le champ si ce n’est déjà fait). Un peu comme une suite (même si cela n’en n’est pas une), avec des héros un peu plus âgés que ceux des marécages, plus âgés et donc plus enclins à la révolte, à l’indignation, et aux questionnements sur les rôles de leurs parents, sur leur liberté, et bien entendu, sur leur sexualité. A une époque et dans un lieu où elle se résume, comme le reste des rapports humains, à un rapport de force : les hommes blancs prennent ce qu’ils veulent, quand ils veulent, par la violence si nécessaire.

Mais ce n’est pas tout. Avec le talent de conteur qu’on lui connait, Lansdale mêle les contes populaires, l’Odyssée (c’est pas moi qui le dit, c’est lui) avec une pincée de Tom Sawyer. Et beaucoup de Joe R. Lansdale. Ses personnages hauts en couleur au verbe flamboyant (Jinx est assez enthousiasmante !), ses atmosphères oniriques, sa façon de décrire un clair de lune sur la rivière, son humour …

Et comme dans Les marécages, Joe Lansdale aime nous faire frémir, et nous adorons frémir grâce à la silhouette longtemps à peine entraperçue du monstre, Skunk …

On sourit, on s’indigne, on s’émeut, on se régale, et on lit le bouquin d’une traite, incapable de la lâcher une fois qu’on l’a ouvert.

Du très grand Joe R. Lansdale.

Joe R. Lansdale / Les enfants de l’eau noire (Edge of dark water, 2012), Denoël/Sueurs froides (2015), traduit de l’anglais (USA) par Bernard Blanc.

10 réflexions au sujet de « Trois jeunes sur un radeau »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Tututut … Avant 100 ans. A lire
      Les marécages
      Les enfants de l’eau noire
      Et dans la série Hap et Leonard
      l’arbre à bouteilles et Le mambo des deux ours.
      Pour commencer !

      Répondre

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