Le sourire d’Angelica

Après un hiver russe un peu pesant, j’avais besoin de fantaisie, de légèreté et d’humour. Ça tombe bien, voici le dernier Andrea Camilleri traduit : Le sourire d’Angelica.

CamilleriPersonne n’est disponible au commissariat de Vigata : Mimi est congédié (comprenez en congé en catarellien), Fazio est allé sur les lieux d’une bagarre, c’est donc Salvo Montalbano en personne qui va s’occuper d’un vol. Mais un vol pas banal : Alors qu’ils dormaient, un peu comateux après une fête très arrosée dans leur maison de campagne, un couple c’est fait gazer (histoire d’être sûr qu’ils ne s’aréveilleraient pas, et tant pis pour le mal de tête), les voleurs ont pris ce qu’il y avait à prendre sur place, plus les clés de leur maison à Vigata et sont allés ensuite vider la résidence principale.

Deux jours plus tard, même chose avec, cette fois, un autre notable de Vigata volé lui dans sa garçonnière (avant de faire main basse sur la résidence principale). Chose étonnante, les victimes font partie d’un groupe d’amis. Puis c’est au tour d’une certaine Angelica … Angelica, personnification des rêves et des fantasmes du jeune Salvo, qui va le rendre gâteux, amoureux comme un collégien, et furieux de l’être.

Ce qui n’arrange ni son enquête, ni ses relations avec Livia qui sont … Qui sont comme d’habitude.

Autant le dire tout de suite, j’ai trouvé que ce n’était pas le meilleur Montalbano. Il y a par moment quelques coups de mou, j’ai trouvé le rythme moins soutenu … Mais c’est aussi parce que je compare à toute la série des précédents qui étaient assez exceptionnels.

Et ceci dit, pas le meilleur, mais cela n’empêche qu’on éclate de rire dès le premier chapitre, qu’on est enchanté de retrouver toute la bande de flics de Vigata, que les colères de Salvo et la grammaire très personnelle de Catarella restent un enchantement, que la cuisine sicilienne est toujours aussi alléchante quand elle est décrite par Camilleri, qu’Angelica est ensorcelante, que l’hypocrisie de la bonne bourgeoisie sicilienne est impitoyablement croquée, que les inventions de Salvo face au questeur sont géniales … Bref, ça reste un régal.

Voilà qui m’a remis de bonne humeur, d’attaque pour la suite de la rentrée polar.

Andrea Camilleri / Le sourire d’Angelica (il sorriso di Angelica, 2010), Fleuve Noir (2015), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

10 réflexions au sujet de « Le sourire d’Angelica »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Ben non, Quadruppani a fait un choix de traduction. Comme tout choix il est discutable, on l’aime ou non. Moi j’adore, je ne le déplore pas, d’autres déplorent …

      Répondre
  1. Françoise

    Non tu n’es pas le seul : je me suis toujours régalée des traductions de Quadru. Et si le bonhomme peut quelquefois m’exaspérer, c’est lui qui m’a fait découvrir le polar italien, il y a déjà bien longtemps.

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Les avis sont donc partagés.
      Et pour le bonhomme comme tu dis, je l’ai toujours trouvé charmant, comme accompagnateur de De Cataldo, ou participant à TPS. En plus il m’avait recommandé d’excellente adresses à Rome !
      Et il fait un boulot superbe chez Métailié.
      Et en plus j’aime beaucoup sa commissaire bien en chair.

      Répondre

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