Encore et toujours Néonoir

La collection Néonoir de chez Gallmeister continue son sans faute avec Dernier appel pour les vivants de Peter Farris.

FarrisA peine sorti de prison, Hicklin braque la banque de Jubilation County, petite ville de cambrouse américaine. Il abat une employée, prend Charlie, jeune étudiant introverti qui travaille là pour payer ses études, en otage et file avec le magot se planquer dans la montagne avec sa copine, camée jusqu’aux yeux.

Le problème pour lui est qu’il n’a pas seulement les flics aux trousses. Il était censé attendre deux « frères » de la Fraternité Aryenne pour faire le casse et partager l’argent. Deux tueurs bas de front sont donc aussi après lui. La montagne risque de s’animer.

A la lecture du résumé je m’attendais à un polar un peu déjanté, façon Frank Sinatra dans le mixeur ou Cassandra. Mais c’est moins allumé et plus noir que ces deux titres. Et tout aussi bon.

On se doute bien, dès le départ, que ce n’est pas parti pour être rose et qu’il va y avoir des morts. Mais sans éviter aucun passage obligé du roman de cavale, l’auteur arrive aussi à nous prendre à contre-pied.

Très fort pour immobiliser l’action quand on s’attend à un road movie, à laisser éclater des scènes très violentes au moment où on s’attend au calme, et capable de scènes d’anthologie comme celle de la fusillade dans une église des plus étrange (je vous laisse découvrir, c’est hallucinant), après avoir expédié de façon rapide et efficace, ce qu’on pouvait attendre comme l’affrontement final.

Le rythme du roman offre donc quelques belles surprises, l’évolution des personnages aussi, qui ne sont presque jamais où on les attend. Sans chercher d’excuses au tueur, Peter Farris arrive tout de même à le rendre humain, loin de toute caricature, victime involontaire d’une évolution qu’il ne comprend pas (là aussi, il faut lire pour comprendre, désolé). Les autres personnages aussi évoluent pendant ces quelques jours, et jamais vers des clichés. Sans en avoir l’air, l’auteur est un vrai spécialiste du contrepied.

Bref un beau roman, âpre et surprenant, encore une très belle découverte dans cette collection épatante.

Peter Farris / Dernier appel pour les vivants (Last call for the living, 2012), Gallmeister/Néonoir (2015), traduit de l’anglais (USA) par Anatole Pons.

9 réflexions au sujet de « Encore et toujours Néonoir »

      1. belette2911

        Justement, c’est pas là qu’on fait des économies ! On reçoit des cadeaux, mais on doit en faire, donc, on gagne rien ! Sauf si l’autre meurt avant nous, alors, on gagne un cadeau.

        Sheldon Cooper l’explique mieux que moi dans « The Big Bang Theory »

        Et LE cadeau qui le mit en émoi :

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s