Iain Levison fait une incursion dans la SF.

Ce n’est pas parce que les commentaires (élogieux) fleurissent partout sur le web que je dois la fermer. A mon tour donc de chanter les louanges de Ils savent tout de vous de l’écossais (un peu beaucoup américanisé) Iain Levison.

LevisonSnowe est flic dans une ville du Michigan. Un jour, alors qu’il arrête un junkie qui vient de cambrioler une pharmacie il s’aperçoit qu’il peut « entendre » ses pensées. Puis qu’il entend également celles de ses collègues (et que c’est peu reluisant). Sérieusement perturbé, il fait des recherches sur internet, ce qui l’amène à être repéré par Terry, charmante jeune femme qui travaille dans une officine plus ou moins officielle, plus ou moins secrète, du côté de Washington.

Car Terry a un boulot pour Snowe : un détenu dangereux, tueur de flics, doué des mêmes facultés que Snowe a été libéré pour rendre quelques services qui doivent rester secrets. Malheureusement, il a réussi à échapper à sa surveillance et se retrouve en vadrouille à New York. Snowe doit le retrouver, et le neutraliser le plus vite possible. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu.

Comme toujours, Iain Levison fait court (200 pages), il fait vif et efficace. C’est d’autant plus remarquable qu’on pouvait être un peu inquiet de l’incursion, dans une thématique SF, voire super-héros, d’un auteur qui écrit en général au ras des réalités les plus prosaïques.

Inquiétude absolument injustifiée, il s’en sort très bien. On lit ce court roman avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Les personnages et leurs dons sont bien croqués, l’intrigue menée à un bon rythme, les changements de directions brusques et inattendus, juste ce qu’il faut pour prendre le lecteur à contrepied sans jamais le laisser en route.

Un vrai plaisir. Qui comme toujours chez cet auteur s’accompagne d’une réflexion. Car, contrairement à ce que le résumé pourrait laisser entendre, ceux qui savent tout de nous ne sont pas forcément ceux à qui on pense …

Iain Levison / Ils savent tout de vous (Mindreader, 2015), Liana Lévi (2015), traduit de l’anglais (USA) par Fanchita Gonzalez Battle.

10 réflexions au sujet de « Iain Levison fait une incursion dans la SF. »

  1. Clement

    Alors là Jean-Marc je suis perplexe. (Note que j’ai adoré « Un petit boulot » du même auteur.)
    Toi qui d’habitude dénonce avec justesse les grosses ficelles, les personnages peu développés là tout passe ?
    Enfin quand même les rebondissements se basent sur des coïncidences énormes… La justification des expériences est inexistante, la femme de l’agence est une caricature, son petit génie de l’informatique qui s’introduit (virtuellement) partout, le personnage qui ne pense pas qu’il peut être traqué avec le téléphone qu’on lui a donné, … J’en passe et des meilleures.

    Oui c’est léger et divertissant, mais il y a largement mieux et comparé à « un petit boulot » ça fait pâle figure…

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Disons que je vois ce roman qui lorgne sérieusement vers la SF ou la fantastique comme un conte. Et dans un conte plus besoins de justifier (ce n’est pas le sujet), et on a le droit d’avoir un ogre (ou une ogresse ici), qui n’est plus que l’incarnation du mal. A aucun moment Levinson prétend donner une explication scientifique, et son récit est cohérent. Donc ça me va.

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      1. Clement

        Dans ce sens là oui. Disons que j’avais été tellement séduit par Un petit boulot que celui-là m’a bien refroidi, je m’attendais à mieux.

  2. Christian

    Bonjour, j’ai lu 2 livres de Iain Levison :
    Les tribulations d’un précaire : très bien.
    Un petit boulot : désolé si cela choque, j’avais trouvé que cela lorgnait beaucoup (trop) sur Westlake, mais en (nettement) moins bien.
    Il faudrait que j’en lise un troisième pour faire pencher la balance.
    En tout cas merci pour ce blog qui me permet de découvrir de nombreux auteurs, le dernier en date Thomas H. Cook.

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  3. Françoise

    C’est marrant, mais souvent les critiques sur Levison me font penser à Westlake. Là notamment, ça me fait penser à « Smoke » où Westlake réussissait un exceptionnel numéro d’équilibriste entre noir/fantastique et humour complètement déjanté…

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      C’est quand même un bon cran en dessous de Westlake. Et parfois plus ouvertement « social » et on rit quand même moins. Mais bon, un cran en dessous et moins drôle que Westlake ça s’applique à presque tout le monde.

      Répondre

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