Marc fernandez romancier

Je connaissais Marc Fernandez journaliste, auteur d’un livre et d’un film remarquables sur les meurtres de femmes de Ciudad Juarez. Je le savais amateur de polar, animateur de tables rondes et rédacteur d’Alibi. Je le découvre maintenant romancier avec Mala Vida.

FernandezEspagne, la droite dure vient de remporter les élections, l’opus dei et les anciens franquistes (ou leurs héritiers) reviennent aux affaires. C’est le moment que choisit Isabel Ferrer, avocate franco-espagnole, pour lâcher une bombe : Une association s’est créée pour faire éclater un scandale d’état qui va bouleverser le pays : De 1940 à la mort de Franco, et même après, des milliers de bébés de parents opposants au régime ont été déclarés morts à la naissance pour être confiés à des familles idéologiquement plus près du régime.

L’affaire prend immédiatement une ampleur sans précédent, et intéresse Diego Martin, un des rares journalistes de la radio nationale à avoir échappé aux purges effectuées par le nouveau pouvoir. Aidé de son amie la détective privée Ana Duran et du juge David Ponce il va se rapprocher de l’avocate.

Dans le même temps, des assassinats sans lien apparents se produisent entre Madrid, Barcelone et Valence : un jeune politicien de droite, un notaire, un médecin …

Je ne vais pas vous dire que c’est le polar de l’année, ni une révolution littéraire. Je peux par contre vous dire que c’est un bon roman, qui évoque une histoire hallucinante, un scandale qui n’a que peu d’équivalents (s’il en a …), et qu’il est très agréable à lire.

Certes l’intrigue n’est pas ce qui compte le plus, et ceux qui cherchent des faiblesses les trouveront sans doute.

Mais c’est ici le fond de l’affaire qui importe, et si l’on prend du plaisir à lire ce roman, c’est que Marc Fernandez a transformé un travail de journaliste en véritable travail d’écrivain.

L’écriture pour commencer est limpide. Claire, efficace, sans pathos ou grande envolées moralisatrices, elle se centre sur les faits et imprime au roman un rythme vif qui fait tourner les pages toutes seules.

Quelques écueils ont été judicieusement évités, en commençant par un final prévisible, qu’il aille dans le sens du happy end (trop loin de la réalité) ou à l’inverse du final à la I comme Icare (tous pourris, et surtout tous trop puissants pour ceux qui se révoltent). Au risque de spoiler, j’aime beaucoup la fin très ouverte.

Et pour finir, je trouve que certaines pages sont vraiment très bien écrites. Quelques scènes d’action bien troussées, mais surtout, à mon goût, de très belles scènes se déroulant à la radio. On sent l’excitation du journaliste, la montée de la tension, le lien très fort qui se crée avec les auditeurs … Mes moments préférés dans le roman, et ce n’est sans doute pas un hasard, après tout Marc Fernandez est aussi journaliste.

Marc Fernandez / Mala Vida, Préludes (2015).

3 réflexions au sujet de « Marc fernandez romancier »

  1. belette2911

    Là, je saute dessus pour en savoir un petit peu plus sur cet horrible scandale. Diantre, l’être humain est capable du meilleur mais aussi du pire.. et on traite les autres de barbares ?? :/

    Répondre

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