Un roman italien étonnant

Vous avez sans doute déjà lu beaucoup de bien de La nuit derrière moi de Giampaolo Simi paru chez Sonatine. Je suis globalement d’accord avec tout ce qui a été écrit, ici et là.

SimiFurio Guerri est un sale con. Représentant très propre sur lui il n’hésite devant rien pour remporter des marchés ou couler des collègues. Tout ce qui compte pour lui : rapporter l’argent pour payer l’emprunt de sa maison, l’entretien de sa bagnole (qu’il chérit), celui d’une femme splendide qu’il arbore comme un trophée, et payer tous les caprices de sa fille de six ans.

Et Furio Guerri est aussi un monstre qui planque devant les lycées pour surveiller la sortie des jeunes filles. C’est lui-même qui se qualifie de monstre.

Quand les choses se détraquent, au boulot et dans sa famille, bien malin qui saurait dire si c’est le monstre ou le sale con qui va gagner la bataille …

J’ai mis un moment à rentrer dans ce roman tant les personnages, tous les personnages, Furio Guerri, sa potiche d’épouse ou sa fille absolument insupportable, sont de vrais repoussoirs. Au point d’en arriver à espérer que ça pète enfin et que ça dérape dans le gore bien trash. Et qu’ils crèvent tous, mais que ce soit rigolo. Ce qui est, il faut le dire, une des forces de ce roman : nous faire sentir le vide total de vies réglées par le recherche du fric, dans le seul but de consommer. Une belle description de l’Italie berlusconienne.

Et puis, à un moment, ça bascule … et étonnamment, c’est là que l’émotion arrive, petit à petit, et qu’on s’attache à tous ces êtres qui paraissaient si vides.

Qui le restent d’ailleurs en grande partie, et pourtant ils nous touchent.

A ce moment de ma petite chronique, je m’aperçois que ma perception du début du roman est un peu différente de celle de Yan, ou de Nyctalopes, même si nous arrivons à la même conclusion : Un roman bien plus fin et intelligent que le résumé, et le début, ne le laissent entendre, une très belle construction et le portrait sans concession de l’Italie actuelle.

Une très belle surprise. Et si vous êtes intrigué ou dérouté par cette chronique, c’est normal, le roman est intrigant et déroutant aussi.

Giampaolo Simi / La nuit derrière moi (La notte alle mie spalle, 2012), Sonatine (2016), traduit de l’italien par Sophie Royère.

5 réflexions au sujet de « Un roman italien étonnant »

  1. belette2911

    Il vient enfin d’entrer sur mes étagères ! Mais la concurrence est rude sur les étagères, ça se bouscule, ça se jette dans le vide en criant « moi, moi, moi » et je ne sais plus à quel étagères me vouer ! 😀

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