Oklahoma blues

Un nouveau venu chez Rivages, J. David Osborne avec Que la mort vienne sur moi.

UnknownUne petite ville de l’Oklahoma. Arlo et Stepp Clancy sont frères. Arlo est marié et travaille dans un magasin de sport. Stepp sort de prison où il a passé un an pour trafic de drogue. Il livre et monte des meubles pour un magasin de la ville, mais ne va pas tarder à replonger dans le trafic.

Danny Ames est videur et exécuteur des basses œuvres pour le petit caïd du coin. Son frère, Thomas qui faisait des études a disparu depuis quelques jours et il commence à se faire du souci.

Un après-midi où ils pêchent le poisson chat, Arlo et Stepp remontent une tête humaine. Ils décident de ne rien dire à la police. Dans la chaleur poisseuse de l’été, les chemins d’Arlo, Stepp et Danny sont amenés à se croiser.

Il y a des romans qu’on lit au mauvais moment. C’est ce qui a dû m’arriver avec Que la mort vienne sur moi. Crevé, débordé, en apnée avant les vacances, avec peu de temps pour lire, j’ai ramé.

Pour tout dire, je n’ai absolument rien compris à l’intrigue, qui a fait quoi, pourquoi, comment, quand ? J’ai lu complètement paumé. D’un autre côté, je n’ai pas l’impression que ce soit le plus important ici.

L’auteur a pris un parti artistique risqué : On ne sait rien ou presque des personnages que l’on ne connaît qu’au travers de leurs dialogues. J’ai l’impression (je n’ai pas vérifié en comptant les lignes !) que plus de la moitié du bouquin est composé de dialogues. On ne sait pas grand chose de leurs motivations, sinon ce qu’ils en disent à un tiers. C’est resserré à mort. Trop pour moi en ce moment.

Par contre, si on prend le bouquin comme un recueil de courtes nouvelles, il y a des moments absolument extraordinaires. Et ce que j’ai préféré, paradoxalement, c’est quand l’auteur décrit les moments les plus ordinaires. Sa description du travail des deux frères est bluffante. En quelques phrases il fait ressentir dans les tripes la dictature du client roi. Un client qui, quand il a un tout petit pouvoir, se venge des humiliations qui lui sont sans doute infligées ailleurs, sur de pauvres types obligés de subir avec le sourire sous peine de perdre leur boulot.

Ca c’est absolument magistral. Et rien que pour ça, le roman vaut la peine. C’est juste qu’il m’a manqué du liant entre ces grands moments. Vraiment, je crois que je l’ai lu au mauvais moment. Donc un conseil, attendez d’être reposés et disponibles pour l’attaquer.

J. David Osborne / Que la mort vienne sur moi (Low down death righth easy, 2013), Rivages/Thriller (2016), traduit de l’anglais (USA) par Pierre Bondil.

9 réflexions au sujet de « Oklahoma blues »

  1. Bondil Pierre

    Très honnête cet article, Jean-Marc. Rassure-toi, le traducteur que je suis n’a pas compris grand-chose non plus à première lecture. Plus on creuse plus on découvre, et pas seulement dans les petites scènes du quotidien dont tu parles très bien. C’est un roman très exigeant, inscrit dans la lignée des grands dialoguistes du polar, George V. Higgins et Elmore Leonard. Une vraie voix.
    Cordialement
    Pierre

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Il faudra donc que je relise …
      Maintenant que tu le dis, effectivement cela fait remonter le souvenir des copains d’Eddie Coyle de Higgins …
      Par contre je place Elmore Leonard au dessus, au dessus de presque tous d’ailleurs tant j’aimais la façon qu’il avait de faire croire qu’il était simple, facile et évident d’écrire comme lui. Illusion ô combien fausse.

      Répondre

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