Makana du Caire, 2° épisode

On a découvert Parker Bilal et son privé soudanais exilé au Caire dans Les écailles d’or. Le revoici avec Meurtres rituels à Imbala.

BilalMakana, l’ancien flic soudanais réfugié au Caire après la prise du pouvoir par les islamistes est donc devenu privé. Il survit difficilement, ce qui l’oblige à accepter toutes les affaires qui se présentent. Même cette histoire de lettres de menaces à l’encontre d’une obscure agence de voyage qui ne le convainc pas. Dans le cadre de son enquête il fait la connaissance de Meera, la seule employée efficace, une copte qui semble beaucoup trop instruite et intelligente pour végéter dans cette sinistre boutique.

Quelques jours après la rencontre, Meera est assassinée sous les yeux de Makana et l’affaire prend un tour beaucoup plus sérieux. Dans le même temps, les cadavres de jeunes garçons torturés sont retrouvés dans le quartier d’Imbaba qui compte de nombreuses églises.

Alors que les autorités cherchent à détourner l’attention de leur nullité et de leur corruption, la tension monte entre les islamistes et les coptes qui font figure de boucs émissaires tout trouvés. Makana, une fois de plus, a mis les pieds dans un nid de serpents.

Dans mon billet sur le précédent roman mettant en scène Makana, j’écrivais que Les écailles d’or était très intéressant, passionnant même, mais pêchait dans sa partie policière, et j’imaginais que l’auteur allait s’améliorer. J’avais raison ! Vive moi !

Le portrait du Caire est toujours aussi passionnant et flamboyant : Bruit, circulation démente, saleté, odeurs, grouillement, énergie démente et oasis de paix cachés … On sent la ville, on l’entend, on la touche. Une ville théâtre de la guerre entre tous les pouvoirs : Politique, économique, religieux, militaire, policier … Et au milieu, les pauvres qui trinquent.

La montée de l’intégrisme, l’utilisation du religieux par des êtres sans scrupule pour récupérer la colère de gens qui ont peine à survivre, cela aussi est parfaitement mis en scène.

Tout cela on le voit au travers des yeux de Makana et de ses quelques amis. Makana qui peine parfois à trouver un sens à sa vie, sans sa femme et sa fille tuées par les islamistes soudanais. Mais un Makana qui ne peut s’empêcher de venir en aide des plus perdus, même sans se faire d’illusions sur l’efficacité de son action.

Et cette fois, l’intrigue est maîtrisée. Pas de résolution trop rapide ou d’inspiration quasi divine. Ca fonctionne, et le contexte est passionnant. Donc vivement le prochain.

Parker Bilal / Meurtres rituels à Imbala (Dogstar rising, 2013), Seuil/Policiers (2016), traduit de l’anglais par Gérard de Chergé.

11 réflexions au sujet de « Makana du Caire, 2° épisode »

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