Mes bien chers frères …

A Bédéciné, ils ont Kti pour la SF, et ils sont aussi de très bon conseil pour les comics. Après l’immense Transmetropolitan, ils m’avaient conseillé Fables, bonne pioche. Et là, pour mon anniversaire, mais chers petits m’ont offert une autre merveille, Preacher de Garth Ennis et Steve Dillon. Le grand pied !

Jesse Custer est le Preacher d’une bourgade merdique au Texas. Il boit pour oublier (oublier quoi, on le saura en lisant …) jusqu’au jour où Genesis, une entité divine fruit de la copulation entre un archange et une démone s’échappe du ciel et vienne s’unir à lui (cramant au passage 200 fidèles).

Jesse Custer a maintenant la Voix de Dieu, tout le monde lui obéit automatiquement. Et avec l’aide d’une tueuse à gage (qui fut sa femme avant qu’il ne devienne pasteur) et d’un vampire irlandais porté sur la bibine, il va fuir les autorités et un tueur inquiétant envoyé par le Ciel, rechercher Dieu pour lui dire sa façon de penser, et régler ses comptes avec une famille pénible.

Et au passage croiser Tête de fion, un tueur en série et quelques bandes de bouseux attardés et agressifs. Tant pis pour eux, faut pas chercher Preacher.

Preacher 01

« OK, c’est pas le genre de BD que tu feras lire à ton prêtre local, mais le clergé chercherait même la bagarre dans une salle vide, de toute façon. Alors à tous les télévangélistes, les réactionnaires et les associations de parents : laissez-moi tranquille et je ferai de même. Moi, je n’essaie pas de vous apprendre à arnaquer les bouseux crédules pour qu’ils vous filent leur économies … » C’est un tout petit bout de la présentation par l’auteur dans le premier épisode, vous voilà avertis.

Pour parler aux habitués de ce blog qui s’y connaissent sans doute plus en polars et SF qu’en BD américaines, Preacher, au niveau scénario et dialogues ce serait les délires et l’imagination du duo Gaiman-Pratchett associés à la « poésie » de Pine et Collins de Lansdale … Et pour les moins jeunes, c’est aussi trash et sans limite que, par exemple, le Rank Xerox de ma jeunesse (pour ceux qui ne connaissent pas, je vous laisse chercher sur internet).

Fin des références. C’est ordurier, jouissif, explosif, inventif, trash, totalement incorrect … Il y a du rythme, de l’invention, du suspense, de l’humour, de la rage … Et de belles histoires d’amour et d’amitié. Les dessins sont à la hauteur :

Preacher_03

J’ai dévoré ce premier volume qui reprend les 12 premiers épisodes (il y en a 66 en tout), je vais me ruer (enfin me ruer dès que j’ai le temps), chez mon fournisseur pour acheter le 2 et le 3 qui semblent déjà sortis. Et je me prépare quelques heures d’intense jubilation.

Au passage, je remarque que tous les scénaristes de comics qui m’emballent et que je ne peux pas encore mettre entre les mains de mes mômes, à l’exception de celui de Fables qui est « mignon » à côté des autres sont british : Neil Gaiman, Alan Moore, Warren Ellis et maintenant Garth Ennis

Garth Ennis (scénario) et Steve Dillon (dessin) / Preacher (Volume I) (Preacher, 1995 …), Vertigo/Esssentials (2015), traduit de l’anglais (Irlande) par Jérémy Manesse.

16 réflexions au sujet de « Mes bien chers frères … »

  1. Fred

    Preacher, c’est super en effet.

    Au rayon scénaristes britanniques, ne pas oublier Grant Morrison, Peter Milligan, Jamie Delano et quelques autres.
    Tous ces scénaristes qui dans la première moitié des années 90 et dans le sillage d’Alan Moore ont constitué la british invasion et contribué à donné un souffle nouveau au comics américain (notamment via le label Vertigo chez DC comics).
    Malheureusement, de nombreuses œuvres majeures ne sont toujours pas disponibles en français. Je pense particulièrement aux essentiels Doom Patrol de Morrison et aux Shade, the changing man de Milligan.

    Plus récemment, un scénariste comme Si Spurrier montre que le vivier de talents british est toujours bien présent. La nouvelle génération se porte bien. Comme les précédentes, elle fourbit le plus souvent ses armes dans l’excellent magazine anglais 2000AD avant de percer sur le marché US.

    Répondre
      1. Fred

        Si l’anglais n’est pas un problème, je vous conseille très très vivement la lecture des Hellblazer de Jamie Delano.
        C’est un comic horrifique fortement teinté d’une critique sociale au vitriol qui a tout pour vous plaire.
        Les numéros de Delano sont compilés dans 5 paperbacks de Original sins à Dangerous habits où Delano passe le témoin à … Garth Ennis qui reprend la série (ça date d’avant Preacher).

  2. Zorglub

    Je note avec consternation que je connais Rank Xerox et fais partie des moins jeunes… C’était très bien, dans mon souvenir.

    Zorglub

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Argll … Effectivement, quelqu’un qui connaît Rank Xerox a, normalement, aussi connu une époque où il n’y avait pas de téléphones portables ! Non, ça a existé ? Oui !

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Quand tu vas commencer tu ne pourras plus t’arrêter. Pour l’instant les 3 premiers, sur 6 sont sortis dans cette édition. Prochain en août si j’ai bien compris.

      Répondre

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