Chroniques new-yorkaises

Un nouveau roman de Richard Price, c’est rare donc il ne faut pas le rater : The whites.

PriceLes « whites ». C’est ainsi qu’un groupe de policiers des années 90 appelaient les criminels qu’ils avaient identifiés mais pas réussi à faire condamner.

Des années plus tard, ils ont fait leur chemin. Billy Graves est un des rares qui soit resté policier, il est maintenant chef de l’équipe de nuit du NYPD. Jusqu’à cet appel : une meurtre sur le quai d’une station de métro. Il connaît la victime, c’est un de ces assassins qui leur a échappé. Ses anciens collègues ont plutôt tendance à s’en réjouir, même lui n’est pas mécontent. Jusqu’à ce qu’un autre de ces « whites » soit assassiné. Et Billy commence à se poser des questions, sans oser en faire part à ses amis.

Dans le même temps, un homme semble roder autour de sa famille …

Dès les premières pages j’ai pensé au 87° District d’Ed Mcbain. L’ambiance, les flics de New York, le sens des dialogues … Puis je me suis aperçu que Jacques Martichade, traducteur du roman, a été celui de Mcbain. Décidément, il y a une parenté certaine.

On retrouve, comme chez son illustre prédécesseur, cette façon de faire vivre les rues de la ville au travers de dialogues et de descriptions « cliniques » des interventions des flics de nuit. Scénettes juxtaposées, reliées par le personnage de Billy Graves, elles en disent beaucoup plus sur ces quartiers, leurs habitants, la vie qu’ils y mènent, leur violence et leur pauvreté (économique et culturelle) que n’importe quel essai.

Il faut aussi reconnaître que Billy Graves, flic de nuit, comme l’infirmier des urgences de 911, est témoin de ce que la ville peut avoir de pire, de l’envers du décor.

Ces chroniques sont reliées par deux suspenses qui ajoutent de la tension tout au long du roman, une tension qui va augmentant quand on s’approche du final : Qui tue les « whites » de la bande de flics, et que va faire cet homme qui rode autour de sa famille. Deux intrigues entremêlées qui posent de multiples questions et remuent les thématiques de la vengeance, de la loyauté, de ce qui est juste et ce qui est légal …

Un roman passionnant, sensible et intelligent.

Richard Price / The whites (The whites, 2015), Presses de la cité/Sang d’encre (2016), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Martichade.

11 réflexions au sujet de « Chroniques new-yorkaises »

  1. tasha

    J’ai été emballée aussi. Je comprends ce que tu veux dire avec McBain, mais j’y trouve moins le côté choral de McBain, quand même. En revanche tu me donnes envie de me remettre à McBain car je suis loin d’avoir tout lu!

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je n’ai pas non plus lu tout Mcbain, c’est pourquoi j’ai toujours un volume de l’intégrale en quarto sur ma table de nuit, au cas où … C’est vrai que c’est moins choral ici, et puis difficile de comparer avec les plus de 50 romans de la série, mais quand même …

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  2. Meyer Meyer

    Moi j ai lu tout mac bain enfin toute la série du 87th.
    Tu m’as donné envie de lire the whites. A mon retour de vacances je pense que j’irai l’acheter à moins que j attaque le gros nesbo qui m’attends sur la table de nuit

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  3. Françoise

    Donc, je serai obligée de m’y mettre aussi, puisque, moi aussi j’ai lu tous les 87è district (que je compte relire un jour, peut-être quand je serai à la retraite^^).

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      A relire aussi, Fausse piste de Crumley (chez gallmeister) et des Bruen, Thompson etc … chez folio et rivages. On ne s’en sortira jamais ma bonne dame !

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  4. Meyer Meyer

    Ça y est à peine descendu de l avion (ou presque ) j’ai été acheter le livre. Il y a effectivement un côté Mc Bain car on suit le personnage principal dans sa vie de flic au travail dans une brigade de nuit et dans sa vie familiale. Mais il n’y a pas le côté « vie de commissariat  » avec les inspecteurs et la hiérarchie et surtout les protagonistes sont beaucoup plus sombres et torturés par de lourds secrets. Un bon bouquin à recommander et si ça peut donner envie de lire Mc Bain, il ne faut surtout pas se gêner

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      C’est vrai que les personnages sont beaucoup plus torturés. Mais je retrouve aussi un certain art des dialogues.
      Et comme tu dis, si en plus ça peut donner envie de relire ou de découvrir McBain, c’est tout gagné.

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