Privé dur à cuire à Belfast

J’aime en général les romans de Sam Millar. Mais je n’avais pas accroché avec le second de la série Karl Kane, Le cannibale de Crumlin Road. Je raccroche avec le troisième Un sale hiver.

MillarL’hiver est rude à Belfast. Neige, froid, ciel bas, jours courts … Sale temps pour tout le monde, y compris pour Karl Kane et Naomi son amante et secrétaire. Un sale temps qui va encore se gâter quand une main coupée atterrit sur leur palier, entre le journal et la bouteille de lait. Comme c’est la deuxième main trouvée à Belfast, contre l’avis de la police, Karl pense à un tueur en série. Appâté par la promesse de récompense proposée par un riche industriel à quiconque trouve qui coupe des mains dans la ville, Karl commence à fouiner.

Dans le même temps il est embauché par une jeune femme qui désire retrouver un oncle disparu. Bien que peu convaincu par son histoire, il accepte l’affaire. Il va bien entendu se retrouver au milieu d’un nid de serpents, pris dans une vieille histoire de vengeance, de flics pourris et de justice véreuse.

J’avais bien aimé le premier Karl Kane, décroché au second, j’aime ce troisième qui se revendique ouvertement de la veine hard-boiled à l’ancienne, avec privé coriace à la répartie assassine, références aux films noirs (tous les titres de chapitres sont des titres de film) et de très nombreuses citations de Raymond Chandler en exergue des chapitres.

On retrouve ce plaisir à l’ancienne, avec de belles femmes, un privé qui envoie balader la police, qui prend des coups mais ne lâche jamais, de l’humour, du suspense … Et la description d’une société pourrie jusqu’à la moelle. C’est classique mais quand ça marche c’est le pied, et là ça marche.

Les curés de toutes confessions, les politiciens démagogues et les flics ripoux en prennent pour leur grade, on suit les aventures de Karl avec la rage et le sourire. Que demander de plus ?

Sam Millar / Un sale hiver (Dead of winter, 2012), Seuil/Policiers (2016), traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Raynal.

15 réflexions au sujet de « Privé dur à cuire à Belfast »

  1. Françoise

    Et, en plus d’être un super écrivain, Sam Millar est un type génial. Pour Ken Bruen, je suis bien d’accord, Jack Taylor et les R&B me manquent… 😦

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Il parait, je n’ai pas encore eu l’occasion de la rencontrer. Et moi aussi ces deux séries me manquent, et je râle de savoir qu’on n’y a pas accès.

      Répondre
  2. Françoise

    Hé bien, les amis de Sam Millar, vous allez vous régaler avec le dernier Karl Kane « Au scalpel ». Mon préféré de la série, encore plus noir (ça tient presque du roman gothique par moments) que les autres, mais avec toujours autant d’humour. On m’a dit dans l’oreillette que le monsieur serait présent au Goëland Masqué cette année, à Penmarch. Si j’arrive à le rencontrer, je vous raconterai ça. 😉

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      1. Françoise

        Je ne sais pas écrire d’aussi belles chroniques que toi ! Mais j’enverrai un petit mot quand je l’aurai fini (ça, c’est pour dans pas longtemps) et quand j’aurai rencontré l’auteur (ça, c’est pour début juin ;-p

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