Le Thomas Cook de la rentrée

Cela devient une excellente habitude. Tous les ans, le Seuil nous livre un nouveau bijou de finesse et de sensibilité du grand Thomas H. Cook. Cette année c’est Sur les hauteurs du mont Crève-cœur (qui a vingt ans mais n’a pas pris une ride).

CookChoctaw, Alabama, début des années 90. Ben est médecin, un des médecins les plus reconnu et aimé de la ville. Il mène une vie tranquille, avec sa famille et auprès d’amis qu’il connaît depuis le lycée.

Malgré cette apparente tranquillité que rien ne semble pouvoir troubler, Ben et Luke, son meilleur ami, restent marqués par la fin de Kelli, morte sur les hauteurs du mont Crève-Cœur en mai 1962. Kelli lumineuse, incandescente, dont Ben était désespérément amoureux au lycée. Kelli qui défendait les droits des noirs en ces périodes de luttes pour les droits civiques.

Un homme avait été condamné, mais ni Ben ni Luke n’avaient été totalement convaincus de sa culpabilité. Et trente ans plus tard, le hasard pourrait bien faire resurgir la vérité, dans une communauté qui cache plus de secrets qu’il n’y paraît.

Plus caractéristique du style, des thématiques, de l’humanité et du talent de Thomas Cook … On peut pas.

On retrouve pour commencer son immense talent narratif. Là où certains écrivains s’essaient (avec ou sans succès) aux flash-back mêlant deux époques plus ou moins séparées dans le temps, lui tisse une toile subtile qui couvre les trente années entières, et passe son temps à aller et venir sur (ou dans) cette toile, la parsemant d’indices, de petits faits et gestes, de paroles angoissantes, de mystères … Qui excitent la curiosité du lecteur et trouveront leur explication à la toute fin. Une explication qui n’a rien de forcé, qui convainc totalement, et qu’on n’a pourtant absolument pas vu venir. Du grand art.

On retrouve également sa capacité à raconter des vies ordinaires pour créer des personnages inoubliables. Avec tendresse, avec une immense compréhension de la nature humaine, de ses faiblesses, ses tentations mais aussi son courage. On vibre, on pleure, ou sourit, on espère, on rage … on vit avec tous ces personnages.

Et pour finir, on retrouve cette façon qui lui est propre de dire l’Histoire, de raconter les secrets d’une petite communauté, le poids du passé, de l’éducation, du remord, sans jamais prêcher, sans jamais juger, juste en racontant merveilleusement une histoire.

Du grand Thomas H. Cook, encore et toujours.

Thomas H. Cook / Sur les hauteurs du mont Crève-cœur (Breakheart hill, 1995), Seuil/Policiers (2016), traduit de l’anglais (USA) par Philippe Loubat-Delranc.

  1. Je vous aime, je ne vous abandonne pas, mais là je viens d’attaquer le monstre de la rentrée. Donc selon mon rythme de lecture il pourrait ne pas y avoir de nouvelles pendant quelques jours !

8 réflexions au sujet de « Le Thomas Cook de la rentrée »

  1. belette2911

    Oh mon dieu, il nous aime !! 😀 Ok, j’avais déjà noté le dernier Cook que j’aimerais cuisiner…

    Mais quel est ce monstre sur lequel tu t’attaques ?? St- Minchel terrassant le dragon ?? 😆

    Répondre

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