Chroniques romaines

On ne les arrête plus. Après l’excellent Suburra, Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo sont de retour avec Rome brûle.

cataldoLe Samouraï est en prison et ses affaires sont gérées par Sebastiano. Il tente de maintenir l’équilibre entre les gitans, calabrais, siciliens et les seconds couteaux qui voient là l’occasion de prendre la place du calife. Dans le même temps certaines sources de financement se tarissent, entre un nouveau maire qui semble vouloir faire le ménage et supprimer la corruption et le Pape qui, pour organiser un nouveau Jubilé qui va attirer des millions de pèlerins, écarte les organisateurs habituels (et pourris jusqu’à la moelle) et confie l’organisation au plus jeune évêque de Rome, proche de lui et … incorruptible.

Vouloir faire le ménage à Rome, louable intention, mais les vieux politiciens véreux, et les habituels bénéficiaires de la manne, qu’ils soient constructeurs, hommes d’église ou truands n’entendent pas se laisser faire et considèrent que la guerre est déclarée.

Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo se sont-ils donnés comme mission de devenir les chroniqueurs des magouilles politico-mafieuses romaines ? On pourrait le penser (et s’en réjouir) au vu de cette suite de Suburra.

Rome brûle n’a pas l’ampleur du roman précédent, il est concentré sur moins de personnages mais ne sacrifie pour autant aucune composante de la nébuleuse qui fait (ou défait) Rome : monde des affaires, classe politique, église et pègre. Ils sont tous là, inextricablement mêlés, arrivistes, naïfs, manipulateurs, victimes, pourris et même quelques révoltés tentant de maintenir une certaine décence … Et devinez qui a le dernier mot ?

Une analyse fine et implacable des jeux de pouvoirs, des ressorts de la politique et de la presse, des dialogues toujours impeccables et une bonne intrigue, le roman noir de Rome continue en beauté non sans laisser un goût amer tant il semble impossible d’assainir le marigot, quelles que soient les bonnes volontés qui tentent de le faire.

On attend donc la suite.

Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo / Rome brûle (La notte di Roma, Suburra 2, 2015), Métailié (2016), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

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