Bernie, voleur new-yorkais

Cela faisait une éternité que je n’avais pas lu de roman de Lawrence Block. La sortie de Le voleur qui comptait les cuillères à la série noire m’a permis de renouer avec un de ses personnages fétiches.

blockPour ceux qui ne connaissent pas, Bernie Rhodenbarr est un célibataire new yorkais, propriétaire d’un chat. Il possède une jolie librairie qui ne rapporte pas grand-chose, mais lui permet de lire et de s’occuper pendant la journée. Le soir, quand l’occasion se présente, Bernie est aussi cambrioleur. Gentleman cambrioleur.

Comment monsieur Smith (qui bien entendu ne s’appelle pas Smith) a-t-il eu vent de son activité nocturne ? Mystère. Toujours est-il qu’il vient lui proposer une somme rondelette pour dérober un obscur manuscrit dans un musée voisin. Dans la même période, son plus fidèle ennemi le policier Ray Kirschmann vient le consulter sur un décès étrange : celui d’une vieille dame dans son magnifique hôtel particulier.

Tout cela va bien occuper les journées et les nuits de Bernie.

Autant le dire tout de suite, j’ai toujours préféré la série Matt Scudder à la série Bernie Rhodenbarr, même si à partir d’un certain moment j’ai commencé à trouver Matt un peu pénible, avec son abstinence et sa tendance marquée à faire justice lui-même. Donc j’avais laissé tomber Lawrence Block.

Je ne me suis pas ennuyé avec ce nouvel épisode : l’auteur a un sacré métier, il sait tricoter une intrigue, s’amuse à multiplier les références littéraires (facile avec un personnage libraire) et fait preuve d’une belle érudition tout en restant élégant, dandy dirais-je même. Les dialogues sont savoureux et l’humour bien présent.

Donc je ne me suis pas ennuyé, mais je risque de l’oublier rapidement.

Car Bernie est loin de détrôner dans mon cœur, le seul, l’unique voleur newyorkais, celui dont je suis prêt à relire toutes les aventures, l’inoubliable John Dortmunder. Je sais, ce n’est pas juste, ce n’est pas le même style, pas le même auteur, mais la comparaison s’impose à moi dès les premières pages. La vie est injuste envers Bernie.

Lawrence Block / Le voleur qui comptait les cuillères (The burglar who counted spoons, 2013), Série Noire (2016), traduit de l’anglais (US) par Mona de Pracontal.

7 réflexions au sujet de « Bernie, voleur new-yorkais »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Ben je sais que je suis dur, mais je n’y peux rien, je ne m’ennuie pas, mais j’oublie. Et malheureusement, oui, on n’aura plus de nouvelles de Dortmunder, mais je peux faire comme Yan, tout reprendre à zéro !

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  1. Frédéric Poulain

    Je viens de terminer le voleur qui comptait les cuillères et j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à retrouver ce bon vieux Bernie. Certes il ne tient pas la comparaison avec John Dortmunder, mais il reste pour moi un tout bon. Et l’amitié que Lawrence Block porte à ses collègues disparus est belle a voir ( référence/citation a Ed Mc bain et Donald Westlake)

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    1. Frédéric Poulain

      Et d’ailleurs Lawrence Block et Donald Westlake étaient très proches (amis de cinquante ans…) et avaient collaboré a de nombreuses reprises. Rien que pour cela les Bernie Rhodenbarr on une saveur particulière…

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      1. actudunoir Auteur de l’article

        C’est vrai que les deux new yorkais s’appréciaient, mais il n’y a rien à faire, j’aime trop Dortmunder, et je ne peux m’empêcher de comparer.

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