Bilan polar 2016

D’ici la fin de l’année, je ne pense pas lire autre chose que des vieilleries laissées de côté, de la SF ou des BD. Voire attaquer la rentrée de janvier. Il est donc temps de voir un peu quel est le bilan polar de l’année.

Je ne sais pas si c’est l’âge, l’envie de tout partager, un manque de discernement, ou si c’est juste que 2016 a été une très grande année littéraire, mais cette année, plus que d’habitude, je ne sais pas choisir. Surtout, je ne sais pas éliminer, donc je vais proposer encore plus de roman pour mon bilan de fin d’année. J’ai essayé d’en garder, 10, 12, 24 … Je bloque à 36 ! Finalement, on va faire avec, ça ne fait jamais que 3 par mois.

Deux monstres étaient attendus en 2016, ils ont tous les deux tenu leurs promesses. Vous l’avez sans doute deviné, il s’agit de Cartel de Don Winslow et de Pukhtu Secundo de DOA.

                        winslow  doa

Il y a ensuite les auteurs que je suis régulièrement, depuis déjà quelques années, et qui ne me déçoivent jamais (ou rarement). Certains comme Céryl Férey et son Condor, Giancarlo de Cataldo (cette année associé à Carlo Bonini) pour Suburra, et Marin Ledun avec En douce reviennent régulièrement avec de nouvelles histoires et de nouveaux personnages, mais toujours le même talent.

Férey DeCataldo ledun

J’attends également le retour de personnages qui sont devenus de vrais amis avec une impatience non dissimulée. C’est le cas de Salvo Montalbano d’Andrea Camilleri (un des rares qui m’a fait rire dans cette sélection), de Walt Longmire de Craig Johnson, d’Erlendur d’Arnaldur Indridason, de John Rebus de Ian Rankin, de Charlie Parker de John Connolly (tient, lui aussi fait sourire parfois, sourire noir, mais sourire), des flics du commissariat de Pizzafalcone de Maurizio de Giovanni ou de la police de Rennes d’Olivier Truc. Tous étaient là au rendez-vous cette année, pour mon plus grand bonheur (et le vôtre ?).

Camilleri   couv rivire   Indridason  rankin

Connolly   DeGiovanni   truc

J’ai aussi eu l’excellente surprise de retrouver certains auteurs que je n’attendais pas cette année : ce fut le cas de la Peine capitale du péruvien Santiago Roncagliolo, autre divine surprise, la suite des aventures de la réplicante de Rosa Montero dans Le poids du cœur, et le nouveau roman grinçant de Donald Ray Pollock, Une mort qui en vaut la peine. Auxquels il faut ajouter la suite du flamboyant « Huitième vibration » de Carlo Lucarelli : Albergo Italia.

Roncagliolo  Montero  pollock  lucarelli

Autres suites, que j’attendais ou pas, et qui confirment le talent ou le retour de leurs auteurs : Anne Bourrel qui souffle le froid, après avoir soufflé le chaud dans L’invention de la neige, Les justiciers de Glasgow de l’écossais Gordon Ferris, le retour confirmé du sud-africain Wessel Ebershon avec La nuit est leur royaume, la suite attendue de l’américain Marcus Sakey dans Un monde meilleur, le second roman égyptien du soudanais Bilal Parker, Meurtres rituels à Imbaba, la conclusion de la trilogie du polonais Zygmunt Miloszewski avec La rage, et la confirmation de la verve des deux italiens Mimmo Gangemi, Le pacte du petit juge et Antonio Manzini, Froid comme la mort (eux aussi sont drôles, heureusement que les italiens sont là pour nous faire rire ou sourire). Joli tour du monde non ?

BourrelNeige  Ferris   la nuit est leur royaume.indd  Sakey

Bilal  miloszewski  Gangemi  Manzini

Enfin, il y a les découvertes, ou du moins les découvertes pour moi, toutes magnifiques : du côté de chez nous, Chloé Medhi et Rien ne se perd, et également avec un gamin comme personnage central, Planète vide de Clément Milian. Toujours chez nous les campagnes pas vraiment rassurantes de Benoit Minville de Rural noir, de Patrick Delperdange dans Si tous les Dieux nous abandonnent, et de Pierric Guittaut, D’ombres et de flammes. Toujours en plein air, mais loin d’ici, il y a eu la découverte (enfin) de la canadienne Andrée Michaud avec Bondrée.

Mise en page 1   milian  bondree.indd

MinvilleDelperdange   guittaut

Pour finir, on a voyagé pour la première fois également avec un polar psychologique très fin : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de l’américaine Celeste Ng, et le suspense sécuritaire angoissant de Sean Doolittle, Sécurité renforcée. On a découvert le plaine du Pô, avec ce qui ressemble bien au début d’une belle série : Le fleuve des brumes de Valerio Varesi, et joies, les contrastes et la vitalité de la ville de Lagos de Leye Adenle : Lagos lady. Le roman étrange et envoutant, Les planificateurs du sud-coréen Kim Un-Su nous a amené hors du temps, et le très sombre Water knife de Paolo Bacigalupi dont je viens de parler nous a montré un futur possible particulièrement sombre.

NG   Unknown  varesi

Adenle    UnSu    bacigalupi

Voilà pour l’année polar, et reviens d’ici la fin de l’année causer BD et SF, rassurez-vous, ce sera plus court.

31 réflexions au sujet de « Bilan polar 2016 »

  1. Laurin Pascal

    Merci jean marc, encore quelques lectures en perspectives. Je me permettrai pour ma part, même si plusieurs ouvrages de votre sélection ont étés de beaux plaisirs de lecture, les œuvres suivantes :

    -Le verger de marbre de A.Taylor
    -Bull Mountain de B.Panowich
    -Aux animaux la guerre de N.Mathieu
    -Brève histoire de 7 meurtres de M.James
    -Les Maraudeurs de T.Cooper

    Très bonne fêtes de fin d’année et continuez à nous éclairer pour cette année 2017

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Le verger de marbre, Bull Mountain et Les maraudeurs font partie des romans que j’ai écartés avec regrets de ce bilan. Il me semble que le roman de Nicolas Mathieu était sorti en 2015, et pour finir, je n’ai pas lu le dernier roman cité de M. James.
      Bonnes fêtes.

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  2. flyingelectra

    Très belle sélection mais oui quel nombre ! Je n’ai pas encore fait mon bilan, mais il va être ardu – je reconnais plein de livres lus et aussi plein d’envies (ou dans ma pàl) donc c’est bon signe !
    bonnes fêtes et je te souhaite un excellent réveillon de Noël (ah le verger de marbre …)

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  3. cazau

    Merci pour cette selection. 2016 un bon cru. Pour ma part il manque, le livre le plus étonnant de l’année. MAUVAIS COÛTS de Jacky Schwartzmann. Je ne sais pas si tu as eu l’occasion de le lire sinon fonce tu vas rigoler. Complètement politiquement incorrect mais tres juste. Joyeuses fêtes. Fc

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  4. cazau

    C’est mon libraire qui me l’a conseillé. Il se lit en deux heures. On commence à en parler dans différents blogs. Il a obtenu le prix de la page 111. (?) Pour debuter l’année méchamment de bonne humeur.

    Fc

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  5. suffra

    Bonsoir et meilleurs voeux à tous.
    Merci pour votre bilan polar toujours très intéressant.
    J’ai lu plusieurs des bouquins avec bonheur , un peu moins pour certains mais je n’aime pas critiquer , je ne me considère pas comme compétente.
    Deux énormes coups de coeur pour moi cette année :
    Le diable tout le temps de Donald Ray Pollock dont je n’ai pas encore découvert le nouveau livre et puis un petit chef-d’oeuvre de John Connolly :  » Prière d’achever  » que j’ai vraiment adoré.
    Puissiez-vous longtemps encore nous faire part de votre avis de lecteur avisé !!!!
    Merci à vous .

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      De rien, et vraiment, il n’y a pas de compétence qui tienne, on a envie ou pas, on se fait plaisir ou pas.
      Le diable bien entendu, et je note le John Connolly, je ne le connais pas, et pourtant j’ai lu presque tout ce qu’il a écrit, même la littérature jeunesse qui est très drôle.

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  6. Collectif Polar : chronique de nuit

    ça me va ! 36 roman, 3 par mois c’est très correct.
    J’en ai de nombreux en commun avec toi, Jean Marc.
    Et puis quelques-uns à découvrir comme : Sean Doolittle ou encore Water knife de Paolo Bacigalupi , le dernier Donald Ray Pollock, qui devrait être lu d’ici la fin de l’année, 😉
    Mais tu as raison, 2016 fut une sacrée belle année littéraire surtout pour ce qui fut des découvertes !
    Merci pour ce joli bilan ! 🙂

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  7. Xavier de Castelbajac

    Jean-Marc bonjour,
    Merci pour tous les conseils, commentaires, feelings et autres avis au fil des jours. C’est un peu comme quand on va partager une bouteille de vin chez un copain qui a les mêmes goûts que soi, on sait que quel que soit le choix on ne sera jamais déçu!
    En ce qui concerne la liste 2016, il y a des livres que je n’ai pas lu et donc je ne peux les juger ; mais clairement les deux premiers cités, « Cartel » et « Pukhtu secundo » sont pour moi des livres immenses, qu’il faut lire absolument. Même si « la griffe du chien » restera pour moi (très) légèrement en avance sur sa suite « Cartel » (peut-être la présence de Callan?). Quant à Pukhtu, pfff…que dire? Je n’ai toujours pas décroché, et la descente est difficile…
    Encore merci Jean-Marc pour le partage.
    Bonnes fêtes à tous,
    Xavier

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  8. belette2911

    Hello, 36 romans, tout compte fait, c’est pas tant que ça, sur une année… Oui, il y avait du lourd en 2016, j’en ai quelques uns sur ma pile dans ta sélection, d’autres que j’ai lu aussi et apprécié. Mais je ferai mon bilan fin de l’année, ou début, je ne sais pas encore 😉

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  9. Françoise

    Oh, moi je n’ai qu’un mot à dire : merci Jean-Marc pour tes conseils avisés, toujours pleins d’humour, de finesse et de sensibilité. L’année qui arrive ne va pas être facile, heureusement qu’il nous reste la lecture (et, du coup, les bibliothèques, même si certains rêvent de bibliothèques sans livres 😉 ). Passe de très joyeuses fêtes et à bientôt !

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  10. Maïté

    Merci pour cette liste! Suite à tes chroniques, je m’étais acheté « La mort du petit juge » et « Le fleuve des brumes », que tu mentionnes à nouveau dans ta liste, mais je ne les ai pas encore lus.
    Personnellement j’ai fini les lectures de l’année 2016 en espagnol d’Espagne (c’est à dire celui où on ne parle pas de « pibe », de « mina », ou de « quilombo »!) avec « Don de lenguas » de Rosa Ribas et Sabine Hofman (en français, au Seuil, « La mort entre les lignes ») Ca se passe à Barcelone en 1952, le début est bien mais un peu fouillis, mais après 50 pages, ça se centre bien sur les personnages principaux et c’est super.
    Et puis j’ai commencé les lectures de l’année 2017 toujours en espagnol d’Espagne puisque je viens de m’offrir les 900 pages du dernier Carlos Ruiz Zafón, dont je suis fan, et là, je n’y suis plus pour personne! 😉

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Pour ma part après les rednecks je suis aussi passé en Espagne, mais avec quelques incursions en Argentine avec le dernier Victor del Arbol qui a eu beaucoup de succès chez lui. Comme toujours, dense, sombre et très bien. Hombre !

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