Dunyach et Ayerdhal

Quelques nouvelles de SF pour finir l’année. Des nouvelles écrites par l’un des plus grands spécialistes français, dont je n’ai, étonnamment, pas encore eu l’occasion de causer ici : Jean-Claude Dunyach. Le dernier recueil s’appelle Le clin d’œil du héron.

  • Est-il illusionniste ? Magicien ? Elles ne le sauront pas. Mais il leur aura fait découvrir un peu de la magie d’Amsterdam, avant de laisser traverser un héron et de repartir, vers d’autres rencontres.
  • La perfection et l’acte d’amour peuvent-ils devenir des formes d’art ?
  • L’astrophysique et l’informatique permettent-elles de mesurer Dieu ? Et de sentir quand il nous quitte ?
  • Qui peut franchir les portes entre les mondes ?
  • Comment rencontrer vraiment les stars immortelles, celles dont l’image nous a fait rêver et fantasmer ?
  • Comment vivent les anges dans notre monde matérialiste, et à quoi doivent-ils renoncer ?
  • De quoi sera fait le luxe dans un futur proche ?

dunyachAutant de questions posées, ce qui ne veut pas dire autant de réponses données. Cela faisait longtemps que j’attendais ce huitième recueil des nouvelles de Jean-Claude Dunyach. Un recueil magique et scientifique, toujours humain, terriblement humain. Un recueil tout en saudade, cette mélancolie souriante qui caractérise si bien son écriture. Un recueil qui donne à penser, à réfléchir, qui ouvre des portes sur d’autres mondes tout en nous faisant nous interroger sur le nôtre.

Un recueil où il manque le petit mot de l’ami Ayerdhal. Mais Jean-Claude Dunyach a quand même su lui donner la parole, en citant en quatrième un extrait d’un de ses romans les plus bouleversants, Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé.

ayerdhalJ’en profite pour signaler, au Diable Vauvert, la parution cette année d’une intégrale des nouvelles d’Ayerdhal : Scintillements. La nouvelle n’était pas sa distance préférée, il aimait les longs romans qui lui permettaient de développer ses idées, ses rages, et ses trames. Mais c’était un exercice qu’il était loin de dédaigner, comme le prouve cette intégrale que je découvre, petit à petit. On y retrouve ses indignations, son humour iconoclaste et ses personnages hors norme.

Dunyach et Ayerdhal, deux auteurs qui seront toujours associés dans mon imaginaire de lecteur, par la grâce de ce roman magistral qu’est Etoiles mourantes. Deux auteurs que je suis très heureux d’associer de nouveau en cette fin d’année en lisant, tour à tour, les nouvelles de l’un et de l’autre.

Il faut lire ou relire Ayerdhal, et il faut lire tous les recueils de nouvelles de Jean-Claude Dunyach.

Jean-Claude Dunyach / Le clin d’œil du héron, L’Atalante / La dentelle du cygne (2016).

Ayerdhal / Scintillements, Au Diable Vauvert (2016).

6 réflexions au sujet de « Dunyach et Ayerdhal »

  1. La Feuille

    Je ne connais pas Dunyach mais je vais remédier à cette lacune ! J’apprécie beaucoup Ayerdhal par contre, et en particulier « Parleur ». Je regrette sa disparition (j’allais dire « prématurée » mais c’est une connerie : la disparition d’une personne que l’on apprécie beaucoup est toujours « prématurée » même à 100 ans !). En tout cas, bonne année à toi Jean-Marc, dont j’apprécie toujours autant les billets (même si nos goûts divergent parfois car je ne suis guère « thriller » et que je crains le « trop noir »). D’accord ou pas, « actu du noir » est souvent l’occasion pour moi de faire de belles découvertes. Bonne continuation avec 2017 avec la santé et la curiosité nécessaires !

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Merci et bonne année à toi également.
      Si tu ne connais pas Jean-Claude Dunyach, toutes ses nouvelles sont magnifiques, et Etoiles Mourantes écrit à quatre mains avec Ayerdhal incontournable !

      Répondre
  2. Catherine Whitebird

    Bonne année et Merci pour tous vos articles !
    J’aimais beaucoup Ayerdahl. J’avais eu la chance de le rencontrer à Meyzieu plusieurs fois et c’était toujours un grand moment. Scintillement est, à mon avis, sa nouvelle la plus belle. Comment faire comprendre qu’on a compris à une espèce avec qui la communication est presque impossible ? La réponse d’Ayerdahl à cette question est très intense et très belle. « Pollinisation » est magique, mais demande une connaissance de son univers. Quand doit on abandonner une partie de son individualité (et -isme) et faire partie d’un tout pour empêcher l’impérialisme ? Sachant que ce tout n’est pas un totalitarisme.
    Je relis régulièrement Etoiles Mourantes et je m’émerveille toujours.
    Merci

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je suis en train de les lire. Scintillements est magnifique, tout comme l’adieu à la nymphe. En plus méchant j’aime beaucoup Jeu de cons. Et je lirai bientôt pollinisation.

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  3. Damien

    Meilleurs vœux Jean-Marc,

    En cette nouvelle année qui s’annonce difficile, quelques mots porteurs d’espoir d’Ayerdhal dans Parleur :

    « On ne bâtit rien sur le désespoir, fors la haine, mais avec la colère et l’usure des souffrances qui se répètent, avec la faim et la peur du lendemain, avec nos seuls coudes serrés pour nous tenir chaud, et nos larmes en écho, et nos rires enfuis, un jour, avec juste ça, entre hommes et femmes, nous n’aurons plus besoin que d’un rêve pour nous éveiller.  »

    L’homme est parti, mais son message reste. Et ce sont des personnes comme toi, qui à travers le partage de leurs lectures, contribuent à le faire vivre. Continue comme ça, on en a tous besoin.

    Merci, et à bientôt au détour d’un couloir 😉

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