Polar néo-zélandais

Un polar néo-zélandais, c’est assez rare vers chez nous pour être remarqué : Sous la terre des maoris, de Carl Nixon.

NixonMarl Saxton, 19 ans est retrouvé un matin par un promeneur, pendu à un arbre. Box Saxton, son père, déjà fragilisé par la faillite de son entreprise est dévasté. Alors qu’il organise les obsèques, le père biologique, un maori ex-ami de sa femme, réapparait. Alors qu’il n’a pas donné signe de vie depuis qu’il a abandonné Mark qui n’avait pas deux ans, il insiste maintenant pour que le jeune homme soit enterré en terre maorie. Devant le refus violent de Box, il fait marche arrière, mais un peu plus tard vole le corps alors qu’il est encore dans l’entreprise de pompes funèbres.

Box décide alors de prendre les choses en main, quitte à enfreindre bon nombre de lois.

J’aurais beaucoup voulu aimer ce bouquin, mais malheureusement, je suis resté de marbre, même si tout n’y est pas raté.

Ce qui marche bien, c’est de suivre la descente dans une forme de folie de Box, un homme fragilisé par la crise et la faillite de tout ce qu’il avait construit économiquement. On comprend et on ressent ce qui lui arrive. Mais c’est à peu près tout, et il manque beaucoup d’éléments qui auraient pu rendre ce roman passionnant.

Tout d’abord, rien sur les raisons du geste de Mark. L’auteur ne dit rien, c’est un choix, mais même les parents et la sœur n’ont pas l’air de se poser beaucoup de questions. Dans le roman, c’est juste un point de départ. Et c’est dommage.

Rien ensuite sur les maoris. Ils sont présentés comme ce qui perturbe le bon déroulement des choses, mais rien n’est creusé de leurs motivations, rien n’est dit sur leurs vies, leur culture, ni en bien ni en mal. Ils sont, là aussi, un point qui déclenche l’action.

Pas grand-chose non plus sur le pays, ou si peu. Quelques belles descriptions de sa géographie, l’évocation de la crise et, très légèrement, du racisme. Et c’est tout.

Et pour finir, c’est lent. Il ne se passe en fait pas grand-chose. Ce qui n’aurait pas été un problème si les thématiques abordées avaient été creusées, ou si l’histoire n’avait été qu’un prétexte à décrire des communautés, un pays, des gens … Mais comme là aussi on reste sur sa faim, on remarque d’autant plus que c’est lent.

Donc raté pour moi.

Carl Nixon / Sous la terre des maoris (Settler’s creek, 2010), l’Aube Noire (2017), traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Benoîte Dauvergne.

 

2 réflexions au sujet de « Polar néo-zélandais »

  1. Zorglub

    Merci pour cette critique, Jean-Marc.
    Si je peux encore faire mon cuistre, on écrirait mieux : « il manque beaucoup d’éléments qui auraiENt pu rendre ce roman passionnant ».

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Pas du tout cuistre, au contraire je ne saurais trop te remercier.
      Je ne sais pas ce qui se passe ces derniers temps, fatigue ? Manque d’attention ? Trop longtemps que je tiens ce blog ? Je fais beaucoup trop de fôtes.

      Répondre

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