Avant de rencontrer Antonin Varenne

Au moment de sa sortie, je n’avais pas lu le roman d’aventure d’Antonin Varenne, Trois mille chevaux vapeur. Mais l’occasion faisant le larron, comme il vient à la librairie de la Renaissance le vendredi 19 mai à 19h00, je me suis régalé avant d’attaquer Equateur son dernier.

Varenne1852, le sergent Arthur Bowman est au service de la Compagnie des Indes, bras armé des intérêts commerciaux britanniques en Asie. Lors d’une mission secrète en Birmanie, lui et ses hommes sont capturés, et torturés dans la jungle pendant plus d’un an.

En 1858, Bowman est flic pour la brigade de la Tamise à Londres. Il essaie de tenir les cauchemars à distance, à coup de gin, d’opium et de laudanum. Alors que la sécheresse et la chaleur d’un été étouffant ont transformé le fleuve et toute la ville en un véritable cloaque, un cadavre est retrouvé dans les égouts. Il a été torturé, comme Bowman et les dix hommes qui avaient survécu à l’enfer Birman. Les cauchemars reviennent alors de plus belle, et Arthur n’a d’autres choix que de tenter de retrouver le meurtrier. Une traque qui va l’amener de l’autre côté de l’Atlantique, puis, toujours plus à l’ouest, jusqu’en Californie.

Quel souffle ! Quel idiot je fus d’être passé à côté au moment de sa sortie, et que je suis content de m’être rattrapé ! Un véritable régal, une lecture complètement addictive, un superbe roman total. Une enquête policière comme prétexte, un roman historique, un roman d’aventure, un roman social, une quête initiatique. Tout finalement.

Des personnages hors norme, non parce qu’ils sont des super héros, mais parce qu’ils ont survécu à l’horreur absolu, et que cela en fait des êtres en marge. Du souffle dans la description des espaces et des paysages, de la puissance dans celle des catastrophes (que ce soit la puanteur londonienne ou la répression d’une grève à New-York), le courage de se colleter avec les passages obligés et attendus (comme la rencontre avec un indien), et le talent de s’en sortir avec brio (là où on peut facilement tomber dans le ridicule).

Un roman d’autant plus superbe que l’on sent l’envie de l’auteur d’en « donner pour son argent » au lecteur, de l’embarquer en cinémascope et en couleurs, sans pour autant le prendre pour un idiot. Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai été complètement emballé.

Une petite pause, et je m’embarque dans Equateur, avant d’avoir le plaisir d’animer la rencontre le vendredi 19.

Antonin Varenne / Trois mille chevaux vapeur, Livre de poche (2016).

9 réflexions au sujet de « Avant de rencontrer Antonin Varenne »

  1. Lucius

    J’avais adoré Trois mille chevaux vapeur, pour les mêmes raisons, le souffle de l’aventure en tête ! Je vais me jeter sur Equateur dont j’ai déjà entendu de bons échos.

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  2. Guillaume La Tchèpe

    Très bon roman d’aventure. J’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs quand l’action se situe à Londres mais ça décolle complètement en Amérique. Plutot que décrire les tortures, le fait que la captivité en Birmanie ne soit qu’évoquée est un parti pris qui sert la complexité de la psychologie et du parcours des personnages. Et surtout ce Bowman, quelle épopée !
    Je rêve secrètement d’une belle adaptation sur grand écran car la matière est là, tant au niveau de l’intrigue, du personnage principal que des paysages traversés.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Ce serait effectivement un film avec du souffle !
      Et moi j’ai aussi beaucoup aimé l’évocation de cette Londres crevant dans sa propre merde, si je peux m’exprimer ainsi ! Je l’ai trouvé très forte.
      Equateur, que j’ai commencé, est aussi très bien, quoique différent.

      Répondre

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