Le retour de Claude Amoz

C’est décidément la période des grands retours. Après Jean-Hugues Oppel, Hugues Pagan ou Hannelore Cayre, voici Claude Amoz qui publie La découronnée.

la decouronee.inddViâtre, une petite ville de la vallée du Rhône. Les frères Mesel ont échangé leur appartement. Guy, complexé, torturé en permanence par une maladie de peau, vient s’installer dans celui de Johan, le scientifique brillant, grand grimpeur qui s’éloigne de la vallée le temps de quelques semaines.

Maïa, leur mère vit dans une ancienne loge de concierge. Elle est venue à Viâtre depuis sa ferme de montagne pour se rapprocher de Johan. Mais aussi pour essayer de retrouver un passé traumatisant.

Camille, seize ans, a des souvenirs très embrumés de disputes entre ses parents, et d’une certaine violence. Sa mère est décédée très jeune, il y a dix ans, et son père vit maintenant avec son ancienne baby-sitter, Zahra, avec qui elle a une relation excellente.

La vieille, grosse et généreuse Habiba règne sur la cuisine du foyer de sans-abris de la ville, et veille sur sa nièce Zahra et sur la jeune Camille.

Parce qu’il ouvre une lettre destinée à son frère, Guy va faire remonter le passé douloureux qui lie toutes ces personnes.

Quel plaisir de retrouver ici Claude Amoz que l’on croyait perdue pour le monde du polar. Et quel plaisir de croiser à nouveau l’incroyable, la généreuse Habiba et tout son petit monde. Même si son rôle est limité, ce pont que l’auteur tend entre ce nouveau roman et Etoiles Cannibales que j’avais tant aimé a immédiatement recréé une complicité que je croyais oubliée.

Et tout aussi immédiatement, j’ai retrouvé le plaisir que l’on a à côtoyer ses personnages : meurtris, abimés, traumatisés par des passés qui se révèlent petit à petit au lecteur. Pour les plus anciens, on pense au moment magique où sur le papier plongé dans le révélateur, la photo apparaît peu à peu dans la lumière rouge du laboratoire. C’est comme ça que se révèlent Guy, Johan, Maïa, Zahra ou Camille. Sans oublier la mystérieuse grande petite dame vêtue de bleu …

Certains secrets sont révélés, pas tous, et tout ne sera pas résolu. Mais entre-temps on ressentira la chaleur, la douleur, des êtres forts se montreront vulnérables, d’autres seront inflexibles dans leur fragilité. C’est émouvant, bouleversant parfois, tellement vrai quand on entend parler Maïa et son français hésitant.

Un vrai bonheur, en espérant ne pas devoir attendre de nouveau quinze ans le prochain.

Claude Amoz / La découronnée, Rivages/Thriller (2017).

5 réflexions au sujet de « Le retour de Claude Amoz »

  1. JC

    je viens de l’acheter, j’ai bien cru qu’elle était morte…
    pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille « Etoiles cannibales », un must
    il me tarde de découvrir celui-là

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Rien de si dramatique, c’est juste qu’elle ne publiait plus.
      Etoiles cannibales et bois brûlé, les deux qui m’avaient marqué à l’époque.
      Et le dernier bien évidemment.

      Répondre
  2. belette2911

    Claude Amoz est dans ma PAL, si je me souviens bien, avec « bois brûlé » (et je ne vérifie pas sur Babelio, je plonge !) 😀

    C’est le printemps, tout le monde fait son grand retour.

    Répondre

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