Pueblo perdido

Un nouveau venu espagnol chez Actes Sud : Agustín Martinez avec Monteperdido.

MartinezMonteperdido, un village perdu en fond de vallée aragonaise, dans l’ombre des sommets pyrénéens. Un soir, en rentrant de l’école, deux gamines inséparables, Ana et Lucía sont enlevées. Les recherches ne donnent rien. Cinq ans plus tard, alors que l’affaire a été oubliée par tous, sauf dans le village, une voiture tombe au fond d’un ravin. Le conducteur meurt, la passagère est sauvée, c’est Ana.

Il lui est impossible de donner des détails précis sur sa séquestration, elle dit seulement que son amie est vivante. Deux inspecteurs de Madrid, Santiago et Sara viennent rouvrir l’enquête. Ils vont se heurter au silence des habitants qui voient d’un mauvais œil cette intrusion, mais aussi à l’agitation et à l’hostilité du père de Lucía qui s’est senti abandonné. Mais il vont fouiller, jusqu’à faire remonter des secrets que personne ne voulait voir déterrer.

S’il ne peut pas prétendre au titre de chef d’œuvre de l’année, Agustín Martinez a écrit un roman qui devrait satisfaire tous les amateurs de polars désireux de découvrir un nouveau territoire et de nouveaux personnages.

L’intrigue est solide, bien menée avec ce qu’il faut de fausses pistes et de coups de théâtre, sans jamais donner l’impression de sortir des lapins du chapeau. Elle est surtout très ancrée dans un territoire original et illustre bien ce dicton espagnol « pueblo chico, infierno grande » que je n’ai bien évidemment pas besoin de traduire.

L’auteur traduit bien l’impression paradoxale d’être prisonniers, alors que l’action se situe souvent en pleine dans nature. Une nature qui n’empêche pas les personnages d’être en permanence enfermés par le regard des autres, ou exclus quand ils ne sont pas natifs du village.

Une nature très bien décrite, à la fois magnifique et terrifiante, terrain de jeu et barrière naturelle qui isole ce petit groupe humain et peut parfois le transformer en véritable cocotte-minute.

Un polar solide et attachant.

Agustín Martinez / Monteperdido (Monteperdido, 2015), Actes Sud/actes noirs (2017), traduit de l’espagnol par Claude Bleton.

11 réflexions au sujet de « Pueblo perdido »

      1. belette2911

        C’est excellent ! Moi, de mon côté, je m’en suis pris plein la gueule avec V pour vendetta ! Je continuerai Scalped aussi, mais pas eu le temps de passer les louer !

      2. belette2911

        Oh putain, oui, la claque ! Publication des chroniques en juin. J’ai eu du mal à les écrire tant j’étais sous le choc et tant c’était du costaud !

  1. Maïté

    Je suis en train de le lire. Tout ce que tu dis sur le sentiment d’oppression alors qu’on est en pleine nature est très juste. C’est très bien pour l’instant. J’espère que ça tient jusqu’au bout

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Ca tient, sans être génial ça tient.
      Quant à moi je viens de terminer un certain manuel de savoir-vivre … que j’ai trouvé délicieux.
      Chronique à venir.

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  2. Portmann

    Bonsoir , je viens de le lire en numérique et en Aragon , l’auteur à inventé une vallée fortement inspiré de celle de Benasque mais déplacé vers l’ouest , se lit avec plaisir , en kindle je trouve le découpage des paragraphes est plutôt mal fait

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je n’ai pas d’avis sur Kindle … Et merci pour la référence géographique, connaissant un peu le coin (mais pas suffisamment) j’avais bien compris que le lieu n’existait pas, avec ces noms, mais je n’avais pas compris de quel endroit il s’était inspiré.

      Répondre

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