Je retrouve mon James Lee Burke

J’avais été déçu par le dernier roman de la série Dave Robicheaux. C’est donc avec une certaine inquiétude que j’attaquai le pavé texan de La fête des fous. Et c’est très content que je l’ai refermé, j’ai retrouvé mon James Lee Burke.

LeeBurkeNous sommes sur les terres âpres du sud du Texas, très proches de la frontière mexicaine. Danny Boy Lorca est un paumé qui de temps en temps se saoule consciencieusement et vient récupérer dans les cellules du shérif Hackberry Holland et de son adjointe Pam Tibbs. Mais cette fois, ce n’est pas parce qu’il est saoul qu’il vient les voir sur le coup de midi. Il a assisté, bien caché, à la mise à mort d’un homme, torturé par des truands. Ils cherchaient à savoir où s’était caché un homme qui avait été son compagnon de captivité.

L’homme, Noé Barnum, était employé d’une entreprise travaillant sur des drones pour la défense. Il serait parti parce qu’il avait des problèmes de conscience. Maintenant tout le monde est à sa recherche. Le FBI, des officines privées liées à l’industrie de l’armement, la bande mexicaine qui a torturé son compagnon et veut le vendre au plus offrant, une mafia russe et quelques cinglés religieux. Ajoutez le prêcheur Jack Collins, tueur psychopathe, ou Anton Ling dite La Magdalena qui aide les clandestins qui passent la frontière et vous aurez une idée du nid de serpents dans lesquels Hack Holland et Pam Tibbs vont devoir mettre les pieds.

Une fois de plus le fameux McGuffin de Monsieur Hitchcock marche à fond. On se fiche de ce que Noé Barnum a bien à vendre ou pas, on se fiche de ses intentions. Ce qui compte c’est qu’il va mettre tout ce monde en mouvement. Et quel mouvement ! Car j’ai retrouvé le James Lee Burke qui m’emballe.

Pas de grande nouveauté mais j’ai été emporté. Du souffle, des êtres hors norme, une collection assez incroyable d’horribles, dont certains ont quand même droit à la rédemption (une des grandes thématiques de Burke). Kriss le mercenaire, Jack Collins insaisissable, imprévisible et mortellement dangereux, le révérend Cody Daniels, fanatique religieux, raciste, misogyne, mais qu’on finirait presque par prendre en pitié tant il va se faire secouer par tous. Sans compter les différents tordus à la recherche de l’argent et du pouvoir, qu’ils soient membres de la mafia, de boites privées légales ou d’agences gouvernementales.

C’est là aussi que Burke est grand, quand il nous décrit ces hommes cruels, sans morale, impitoyables avec les plus faibles, et finalement très semblables dans leurs actes et leurs motivations. Seuls leurs employeurs légaux ou non, publics ou privés changent.

Au passage le portrait d’une frontière américaine où un président veut construire un mur, et celui de migrants et de ceux qui les aident, sauvant un peu la vision très sombre que l’auteur propose de cette partie de son pays.

Bref du fond, du souffle, de la puissance, des personnages inoubliables qui luttent contre eux-mêmes et contre le mal, quelle que soit son incarnation, des paysages grandioses, de l’action. Tout ce qu’on aime dans les grands James Lee Burke.

James Lee Burke / La fête des fous (Feast day of fools, 2011), Rivages/Thriller (2017), traduit de l’anglais (USA) par Christophe Mercier.

9 réflexions au sujet de « Je retrouve mon James Lee Burke »

      1. belette2911

        Juste lu un, aime moins que les Dortmunder, lui trouve des airs de ressemblances avec le cambrioleur, même. J’avais lu un jour l’explication sur le fait qu’il ait pris un pseudo pour écrire la série des Parker mais je ne sais plus pourquoi 😦

        Le double retard, c’est moins bon que les Magnum double caramel !

      2. actudunoir Auteur de l’article

        Parker c’est un Dortmunder qui ne fait pas rire. Et il y a un Dortmunder où la bande s’inspire d’un coup monté par … Parker.

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