Après Adamsberg, Montalbano

J’y faisais allusion dans le papier précédent, le plaisir du lecteur de polar moyen passe aussi par les retrouvailles avec des potes personnages. Et quel meilleur ami que l’irascible Salvo Montalbano du génial Andrea Camilleri ? Que voici dans : Une voix dans l’ombre.

CamilleriJournée pourrie à Vigata. Montalbano fait mettre à l’ombre une jeune con excité qui l’a bêtement insulté et agressé dans sa voiture. Manque de chance, c’est le fils du Président de la province. Que son avocat fait rapidement ressortir de prison. Un peu plus tard, appelé pour interroger le gérant d’un supermarché qui s’est fait cambrioler, Salvo et Mimi son adjoint tombent sur un homme au bord de l’hystérie qui les accuse de le torturer pendant l’interrogatoire. Peut-être parce que le supermarché appartient en réalité à une famille influente de la mafia, soutenue par le député local … Bref en une journée, Salvo s’est mis à dos les deux politiques les plus influents du coin, et donc le Questeur et la télévision aux ordres. Ce qui explique que, lorsque le cadavre de la fiancée de l’excité est retrouvé, charcuté chez lui, Montalbano hésite à s’en mêler. Mais il n’en a pas fini avec une classe politique totalement corrompue.

Comme pour Fred Vargas, oui c’est toujours du Camilleri, oui c’est toujours du Montalbano, oui c’est toujours Vigata. So what ?

Pour commencer j’ai éclaté de rire plusieurs fois, m’attirant les regards curieux de mon fils qui n’a pas l’habitude que je rigole avec mes bouquins. Lors des engueulades avec Livia, lors des dialogues avec Catarella, plus un ou deux autres occasions. Et un bouquin qui vous fait éclater de rire est un bouquin précieux.

Aux plaisirs habituels (humour, description de plats, enquête), s’ajoute ici la description au vitriol d’une classe politique totalement pourrie, d’une presse qui lui lèche les bottes (pour ne pas dire autre chose), et d’un public totalement amorphe, content d’être décérébré par une télévision imbécile. On rit donc un peu jaune. Mais c’est si bon. Vivement le prochain.

Andrea Camilleri / Une voix dans l’ombre (Una voce di notte, 2012), Fleuve noir (2017), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

5 réflexions au sujet de « Après Adamsberg, Montalbano »

  1. Michèle

    J’aime beaucoup la préface de Quadruppani qui parle de la traduction qu’il a faite. Je n’ai plus le livre sous la main, sinon j’aurais cité des extraits.

    Répondre
  2. Michèle

    Je m’aperçois que cet avertissement du traducteur se retrouve dans « Un été ardent » et probablement dans d’autres.
    Pas étonnant que je ne l’aie pas vu. Je ne suis pas une lectrice de Camilleri. J’ai juste acheté ce dernier « Une voix dans l’ombre ».

    Répondre
  3. Jean

    Cette préface est particulièrement atterrante ! Il a réussi à transformer de petits chefs d’oeuvre en textes illisibles…C’est comme si on traduisait « San Antonio » en dialecte napolitain pour faire plus vrai…

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      La « guerre » entre ceux que la traduction de Quadruppani enchante et ceux qu’elle horripile date du premier Montalbano !
      Et elle continue.
      Moi j’adore.

      Répondre

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