Des nuages, mais où sont les personnages ?

Une petite pause pour lire une des novellas de la magnifique collection « Une heure lumière » du Bélial (esthétique superbe et très beaux textes pour ce que j’en ai lu). Le sultan des nuages de Geoffray A. Landis.

LandisDans un futur non déterminé, l’homme a colonisé le système solaire. Si les débuts ont été très libres, aujourd’hui vingt familles possèdent quasiment tout ce qui est habitable. Parmi elles, les Nordwald-Gruenbaum. L’héritier, un adolescent insupportable, propriétaire de la quasi totalité des quelques mille villes qui flottent dans l’atmosphère épaisse et chaude de Vénus, Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum invite la docteur Léa Hamakawa et son assistant David Tinkerman basés sur mars.

Arrivé dans la somptueuse ville flottante du Sultan des Nuages, David le narrateur va devoir très vite comprendre ce que leur veut l’héritier, et quelles sont les forces qui s’affrontent autour de lui. Car il y a sur Vénus des dangers plus corrosifs que son atmosphère mortelle.

Je suis partagé sur ce texte.

Une partie est très réussie : la description de Vénus, de son atmosphère, de la ville qu’ils visitent est superbe. Originale et cohérente, poétique, lyrique mais en même temps très vraisemblable. On y voit la touche de l’ingénieur de la Nasa spécialiste dans l’exploration de Mars et Vénus qu’est l’auteur. La grande réussite étant d’avoir changé en vraie littérature ses connaissances, sans jamais donner l’impression de faire un cours.

De même, la structure des familles et de toute la société qu’il invente est originale et intéressante.

Là où ça coince, c’est que les personnages n’ont aucune chair, ils existent à peine, et que l’intrigue est complètement bâclée. Cela donne l’impression que l’auteur a construit un cadre, un décor, très bien d’ailleurs, mais qu’il n’a pas su, ensuite, quelle histoire raconter dedans.

Comme le texte est court, on peut le lire avec plaisir, pour la description du cadre. Mais on est quand même frustré. Peut-être devrait-il étoffer pour avoir la place de développer les aspects manquants, ou peut-être réduire encore pour ne garder que le cadre sans tenter une intrigue qui n’en est pas une … Comme je ne connais pas ses autres écrits je ne saurais me prononcer.

Ce qui, par contre, est étrange, c’est qu’il aie eu pour Le sultan des nuages, le prix Theodore Sturgeon, auteur qui, si ma mémoire est bonne, excellait justement dans la description très empathique de personnages rejetés …

Geoffray A. Landis / Le sultan des nuages (The sultan of the clouds, 2010), Bélial/Une heure lumière (2017), traduit de l’anglais (USA) par Pierre-Paul Durastanti.

3 réflexions au sujet de « Des nuages, mais où sont les personnages ? »

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