Un bon polar historique

En attendant de me plonger dans les romans de début 2018, j’en ai repêché quelques-uns qui étaient restés enfouis sous la pile. Dont La maison pâle de Luke McCallin.

McCallin1944, Le capitaine Gregor Reinhart est affecté dans les Feldjägerkorps, une unité de police militaire aux pouvoir étendus nouvellement créée, et envoyé à Sarajevo, livrée aux oustachis et cernée par les partisans. Tout en organisant la retraite de l’armée allemande, cet ancien soldat de la première guerre, ex policier berlinois, enquête sur des massacres qui se multiplient dans une ville de plus en plus folle : Des civils, mais également des soldats allemands ont été tués, en marge des combats, certains complètement défigurés.

Son enquête va déranger beaucoup de monde.

La maison pâle est un bon polar historique, solide et bien mené. Gregor Reinhart est un personnage attachant, même si j’aurais sans doute gagné à lire le premier volume de ses aventures auquel il est fait plusieurs fois allusion. On peut commencer avec ce roman, mais j’ai eu l’impression de perdre un peu de la compréhension du personnage et de ce qui l’anime. Les seconds rôles ne sont pas sacrifiés, oustachis, partisans, nazis convaincus, soldats allemands corrompus, ou simple trouffions pris dans un engrenage qu’ils ne savent comment combattre. Ils ont une vraie identité et ne sont jamais réduits à des caricatures.

L’intrigue est bien menée, même si je trouve qu’elle aurait sans doute gagné à être élaguée. Je me suis perdu parfois, et je n’ai pas réussi à voir si la complexité de l’histoire, et la multiplicité des personnages étaient vraiment indispensables pour rendre compte de la complexité d’un lieu et d’une époque, ou s’ils auraient pu être simplifiés sans nuire au propos.

Ce qui fait tout l’intérêt du roman, c’est la peinture d’un moment historique avec lequel le lecteur français n’est guère familier : la fin de l’occupation de Sarajevo par l’armée allemande et ses alliés oustachis, au moment où ces derniers sentent que leur fin est proche. La violence et la folie de ce moment sont très bien rendus. La rage désespérée des alliés d’un nazisme qui s’écroule est palpable, le martyre (un de plus) d’une ville, Sarajevo est terrible. Une période d’autant plus intéressante qu’elle annonce les drames à venir, des décennies plus tard.

En résumé si l’on n’a pas là un chef d’œuvre, c’est un roman historique solide, qui tient ses promesses, et donne envie de découvrir le roman précédent, et de suivre les prochains.

Luke McCallin / La maison pâle (The pale house, 2014), Folio/Policier (2017), traduit de l’anglais par Nicolas Zeimet.

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